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Il transforme sa Honda Civic en voiture autonome... pour 700 dollars

C'est une Honda Civic comme celle-ci que Brevan Jorgenson a transformé en voiture autonome.

C'est une Honda Civic comme celle-ci que Brevan Jorgenson a transformé en voiture autonome. - Honda

Un étudiant américain a transformé sa Honda Civic en voiture autonome en ajoutant seulement l'équivalent de 700 dollars d'équipements et en utilisant une solution logicielle disponible en open source.

Si votre prochaine voiture sera peut-être (plus ou moins) autonome, vous pourrez aussi certainement acquérir un kit pour la rendre intelligente. Brevan Jorgenson, un étudiant américain vivant dans l'Etat du Nebraska, vient lui de fabriquer le sien et d'en démontrer les capacités dans un modèle de série qu'il a transformé seul, une Honda Civic.

Un écran remplace le rétroviseur intérieur. Il permet d'observer en temps réel la "vision" du véhicule sur la route.
Un écran remplace le rétroviseur intérieur. Il permet d'observer en temps réel la "vision" du véhicule sur la route. © Brevan Jorgenson

Peu d'équipements à ajouter

Côté hardware, l'étudiant n'a commandé que pour 700 dollars d'équipements, soit un peu plus de 660 euros. L'écran placé au niveau du rétroviseur intérieur, permet d'observer en temps réel ce qu'observe son système qui peut agir sur l'accélération, les freins et le volant de la voiture. A noter que la Honda Civic qu'il utilise est déjà équipée d'un système de maintien de ligne et d'un régulateur adaptatif, ce qui en fait une candidate déjà bien armée sur le plan de l'assistance à la conduite. 

Pour la partie logicielle, le "cerveau du véhicule" est stocké sur un smartphone, un OnePlus3. L'étudiant s'est appuyé sur "openilot", la solution proposée en open source par la start-up Comma.ai, une solution gratuite donc. Le fondateur de la start-up, George Hotz, s'était justement fait connaître l'an dernier en transformant un véhicule, une Acura ILX, en voiture autonome.

Il comptait commercialiser son kit réalisé pour l'occasion, le "Comma Neo" au tarif de 1000 dollars, mais y a finalement renoncé suite à des demandes du gendarme américain de la route, la NHTSA. C'est à ce moment que la start-up a décidé de passer son "produit" en open source pour se concentrer sur la recherche. "Nous préférons passer du temps à développer des technologies formidables plutôt que de négocier avec les régulateurs et juristes. Cela n'en vaut pas la peine", avait ainsi tweeté le compte officiel de la start-up.

Des modifications autorisées aux Etats-Unis

Si les Américains ont beaucoup plus de libertés pour modifier leurs véhicules que de ce côté-ci de l'Atlantique, le conducteur reste responsable de son véhicule. Même avec le système improvisé en fonctionnement, c'est donc la personne au volant qui reste bien chargée de la conduite et serait jugée responsable en cas d'accident.

S'il estime que les technologies de conduite autonome représentent l'avenir de l'automobile, Brevan Jorgenson n'a pas encore réussi à convaincre sa petite amie. "Elle s'inquiète du risque de provoquer un accident", a-t-il expliqué à la Technology Review du MIT. L'étudiant va pouvoir ainsi continuer à améliorer son système au cours des allers et retour entre Denver (Colorado), où réside sa petite amie, et Omaha (Nebraska), où se trouve son université, deux villes séparées de 865 km.

Retrouvez ici une vidéo (en anglais) dans laquelle l'étudiant détaille son installation.

Julien Bonnet