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Trop hauts, glissants... les dos d’âne et ralentisseurs doivent-ils disparaître?

Un ralentisseur sur la N209, vers Moulins.

Un ralentisseur sur la N209, vers Moulins. - Wikimedia Commons

L’association "Pour une mobilité sereine et durable" dénonce la non-conformité de ces équipements routiers, qui en deviennent alors dangereux.

Dos d’âne, coussin berlinois, ralentisseur, autant de termes pour désigner ces équipements surélevés qui invitent les conducteurs à ralentir. Souvent installés à l’entrée des communes ou à proximité des écoles, ils doivent apporter plus de sécurité entre usagers de la route.

Mais sur les 400.000 ralentisseurs présents en France, beaucoup ne seraient pas aux normes, et posent problème: bruits, véhicules endommagés, danger pour les motards et scooteristes. L'association Pour une mobilité sereine et durable dénonce ces manquements aux règles et à la sécurité, peut-on lire ce vendredi dans Le Parisien. Ces membres ont notamment entamé deux procédures en justice contre le département du Var et la ville de Toulon pour faire supprimer des ralentisseurs qui ne sont pas aux normes.

"De plus en plus de gens nous contactent pour nous signaler des irrégularités et nous demander comment procéder pour faire détruire un ralentisseur hors norme ou illégal", explique le président de l'association, Thierry Modolo-Dominati au Parisien. 

Des ralentisseurs de 20 centimètres de haut

Un ralentisseur ne doit pas dépasser les 11 centimètres de haut, ce qui n’est dans les faits pas toujours le cas. Le tribunal administratif de Lyon (Rhône) a ainsi demandé il y a une semaine la suppression d’un ralentisseur dans les six mois à Saint-Jean-Le-Vieux (Ain) suite à la plainte d’un automobiliste. Comme le rapporte France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, ce dernier avait été victime d’un souci sur sa sportive, en passant ce ralentisseur haut de 18 à 19 centimètres, soit presque deux fois la hauteur autorisée.

Dans le Var, selon Pour une mobilité sereine et durable, certains ralentisseurs avoisineraient les 30 centimètres. Les matériaux utilisés ne seraient pas toujours adaptés à ce type d'équipement de signalisation dynamique.

Pas toujours de respect des règles

Il existe pourtant des guides techniques publics à destination des gestionnaires d'infrastructure (ville ou département selon le type de routes). Edités par des ingénieurs du Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement), ces guides regroupent toutes les données pour installer des ralentisseurs utiles et non dangereux, en prenant en compte les questions de hauteur, de vitesse de matériaux. Ils font d'ailleurs fois devant la justice, en cas de litige.

"Mais devant la pression citoyenne, la demande d'aller vite de certains élus qui veulent mettre un ralentisseur devant une école façon mur de Berlin, par méconnaissance technique, ces règles ne sont pas toujours respectées, nous explique Julien Vick, délégué général du Syndicat des équipements de la route. De moins en moins de personnels sachants techniques sont aussi à disposition des communes pour les aider". 

Si les autorités ont conscience de certains défauts, notamment leur dangerosité pour les motards, leur présence reste justifiée. "Peu de villes ont des polices municipales capables d'effectuer des contrôles de vitesse, explique Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière dans Le Parisien. Installer un ralentisseur est souvent la seule solution pour faire respecter les limitations en ville. Et le fait est que ça fonctionne plutôt bien".

Pauline Ducamp