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Sécurité routière: l’émotion plutôt que le trash

Un extrait du film L'annonce, le dernier court-métrage de la sécurité routière, mettant l'accent sur les gendarmes qui annoncent souvent la perte d'un être cher aux familles.

Un extrait du film L'annonce, le dernier court-métrage de la sécurité routière, mettant l'accent sur les gendarmes qui annoncent souvent la perte d'un être cher aux familles. - Sécurité routière

Depuis plusieurs années, réalisateurs de cinéma et de documentaires se mettent au service de la sécurité routière, en réalisant les court-métrages de prévention. Ou comment jouer la carte de l’émotion plutôt que celle de l’hémoglobine pour sensibiliser les automobilistes.

La Sécurité Routière a dévoilé lundi 13 février son nouveau film, L’annonce, réalisé par le documentariste Jean-Xavier de Lestrade. La caméra se place du côté des gendarmes qui annoncent aux familles qu’elles viennent de perdre un proche.

Des cinéastes de renom

"J’ai accepté pour 2 raisons, explique Jean-Xavier de Lestrade dans le communiqué du ministère de l’Intérieur, qui accompagne le film. La première, c’est que je suis toujours choqué quand j’apprends que des gens sont morts dans un accident de la route. Une vie brisée, des familles anéanties, c’est toujours inacceptable. Donc si je pouvais apporter une petite contribution pour rendre les routes moins meutrières, c’était bien évidemment oui. L’autre raison, tout aussi importante, c’est que la Sécurité routière m’a laissé carte blanche pour construire mon film".

Primé aux Oscars pour Un coupable idéal sorti en 2001, Jean-Xavier de Lestrade a repris cette forme pour recueillir le témoignage des quatre gendarmes. Avant lui, d’autres réalisateurs ont déjà prêté leur talent à des campagnes de sécurité routière, comme Guillaume Canet en 2013 pour lutter contre l’alcool au volant, avec l’association Ferdinand et la Fondation Vinci Autoroutes, ou Luc Besson en 2015, pour la Fédération International de l’Automobile.

Des émotions très dures

Une nouvelle fois, plutôt que le trash ou les images très dures récurrentes dans les campagnes des pays anglo-saxons, la Sécurité routière française mise donc sur l’émotion pour sensibiliser les automobilistes au danger de la route. 

"L’extrême violence ou le trash laissent une trace moins durable dans les esprits, elle entraîne un phénomène de fermeture car la réalité est trop difficile à voir, nous explique Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité Routière. Il n’est pas besoin de choquer pour laisser une trace durable. On ne choque pas par l’hémoglobine, mais notre précédent film, L’Onde de choc, était très dur".

Selon des chiffres du ministère*, 36% des Français ont déjà été touchés par un accident de la route, soit "un énorme choc" pour 24% des personnes interrogées. Le mois dernier, le nombre de morts sur la route a augmenté de 8,9%, avec notamment une hausse des victimes chez les cyclistes et les piétons.

*Etude réalisée sur 10005 par l'Ifop pour la Délégation à la sécurité et à la circulation routières

Pauline Ducamp