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Papouasie-Nouvelle-Guinée: le gouvernement achète 40 Maserati pour un sommet international

Un transport de Maserati par avions cargos lors d'une livraison réalisée au Japon en août dernier.

Un transport de Maserati par avions cargos lors d'une livraison réalisée au Japon en août dernier. - AirBridgeCargo

Dans ce pays d'Océanie où le taux de pauvreté dépasse les 30%, l'achat de 40 luxueuses voitures de la marque Maserati fait scandale.

Scandale en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le gouvernement local est en effet sous le feu des critiques après l'achat de 40 luxueuses voitures de sport de marque Maserati. Ces véhicules doivent transporter les participants à un sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique (Apec) organisé le mois prochain. 

Transportées par deux avions cargos, les Maserati Quattroporte, qui coûtent entre 130.000 et 210.000 euros l'unité sont arrivées d'Italie cette semaine à l'aéroport de la capitale Port Moresby. De quoi choquer dans un pays où le taux de pauvreté dépasse les 30% et qui connaît des problèmes de sécurité et d'accès à l'éducation et à l'électricité comme l'indique une note du Ministère de l'Economie de 2017. La Papouasie-Nouvelle-Guinée, le moins développé des 41 pays membres de l'Apec, accueille les 17 et 18 novembre son sommet.

"Une claque dans la figure des Papouasiens qui souffrent"

Le gouverneur de la province du Nord, Gary Joffa, un habitué des critiques contre le gouvernement, a jugé que l'argent ainsi dépensé l'aurait été plus utilement pour remédier aux problèmes sociaux d'un pays où la polio et la tuberculose ont refait leur apparition récemment.

"La Papouasie-Nouvelle-Guinée fait face à tant de problèmes, en matière de santé, d'éducation, de loi et d'ordre", a déclaré cet opposant au groupe australien de médias ABC. "Je pense tout simplement que c'est une claque dans la figure des Papouasiens qui souffrent."

Cet achat fastueux provoque aussi logiquement de vives réactions sur les réseaux sociaux: 

"Je ne sais même pas par quel bout commencer. (...) C'est ridicule, notre peuple mérite tellement mieux que ça. Le pays tout entier peut-il boycotter #APEC2018 et le délirant gouvernement #PNG!?", demande ainsi Tannah, un utilisateur de Twitter.

D'autres font valoir que les véhicules ne pourront jamais atteindre leur vitesse maximum - 240 km/heure- dans les rues pleines de nids de poule de Port Moresby et qu'ils seront quasiment inutilisables en dehors de la capitale où les 4X4 sont de rigueur.

Des véhicules revendus après le sommet

Le ministre chargé de l'Apec Justin Tkatchenko a de son côté défendu le choix du gouvernement. 

"Les berlines fourniront aux leaders un niveau de transport qui est standard pour un sommet de l'Apec", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les véhicules seront ensuite mis sur le marché et le gouvernement a déjà trouvé des acheteurs, a-t-il ajouté. "Les véhicules seront payés par le secteur privé, c'est la manière la plus intelligente d'avoir l'usage de véhicules pendant l'Apec sans frais globaux pour l'Etat".
Julien Bonnet, avec AFP