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Les VTC accusés d'aggraver la pollution

L'ONG relie la hausse des niveaux de CO2 avec l'augmentation de la flotte des VTC en France et à Londres ces dernières années.

L'ONG relie la hausse des niveaux de CO2 avec l'augmentation de la flotte des VTC en France et à Londres ces dernières années. - Transport & Environment

L'ONG à l'origine du Dieselgate reproche aux VTC et en particulier à Uber d'amplifier la crise environnementale actuelle.

Après le Dieselgate, bientôt un Ubergate? L'ONG Transport & Environment, qui avait contribué aux révélations à l'origine du scandale des moteurs truqués de Volkswagen en 2016, pointe du doigt les VTC (voitures de transport avec chauffeur) pour aggraver la pollution en villes et favoriser le réchauffement climatique

Plus de trajets en VTC, plus de CO2

"En France, où le marché des taxis a été libéralisé en 2015, le nombre de conducteurs de VTC a doublé en 3 ans, de plus de 15.000 en 2016 à 30.000 en 2019", souligne Transport & Environment, rappelant que Londres a vécu la quasiment la même augmentation, avec 45.000 conducteurs Uber en 2018, contre 25.000 en 2016. 

Avec 3,6 millions d'utilisateurs à Londres en 2019 et 2,7 millions d'utilisateurs en France, Uber représente un des principales sociétés de transport individuel en Europe, poursuit l'ONG, rappelant que, contrairement aux taxis, leur nombre n'est pas soumis à un numerus clausus, avec une quantité limitée de licences attribuées pour exercer cette profession.

A Londres, première ville d'Uber en Europe, les trajets en VTC ont progressé de 25% environ depuis 2012. Cela correspond à la hausse de 23% des émissions de CO2 générées par les taxis et autres transports individuels de passagers au Royaume-Uni sur cette période, comme on peut le voir sur ce graphique publié par l'ONG.

Un graphique qui relie la hausse des niveaux de CO2 avec la forte augmentation du nombre de VTC à Londres.
Un graphique qui relie la hausse des niveaux de CO2 avec la forte augmentation du nombre de VTC à Londres. © Transport & Environment

"Rien qu'à Londres et à Paris, les émissions des véhicules Uber représentent une demi-mégatonne de CO2 (...). Cela revient à ajouter 250.000 voitures particulières sur les routes", note le communiqué de Transport & Environment.

Principal problème: ces véhicules rouleraient à 90% avec un moteur thermique classique (diesel ou essence mais pas hybride par exemple), l'ONG citant des données de 2017. Une situation qui concernerait toutes les villes d'Europe, avec une forte proportion de diesel chez les conducteurs de VTC, ce qui reste assez logique vu que ce sont des gros rouleurs avec un intérêt évident à utiliser cette motorisation.

L'ONG accuse ainsi Uber d'être à la fois à l'origine de l'aggravation des conditions de circulation et de la pollution et invite l'entreprise à réaliser rapidement la transition vers une flotte 100% électrique. 

Uber rappelle son engagement à être plus "écolo"

"Nous sommes engagés à aider les gens et les villes à passer d'un mode de transport trop dépendant de la possession d'une voiture individuelle à un avenir où la mobilité est partagée et électrique. Pour ce faire, nous travaillons activement avec les villes européennes pour améliorer l'accès à des modes de transport propres, sûrs et abordables", a réagi un porte-parole d'Uber.

Le géant de VTC donne ainsi quelques chiffres sur son activité en France: son offre Uber Green, qui propose exclusivement des véhicules électriques et hybrides, dispose d'une offre de 3400 voitures actuellement, soit plus de 10% des près de 30.000 chauffeurs qui utilisent l'application).

Uber rappelle également ses efforts pour accompagner les chauffeurs dans leur changement de véhicule. En plus des subventions publiques, comme le bonus écologique de 6000 euros, l'entreprise offre une aide supplémentaire de 4000 euros. Résultat, une Nissan Leaf vendue environ 32.000 euros en concession, revient à 22.000 euros, voire même 16.000 en ajoutant par exemple l'aide de la région Ile-de-France de 6000 euros. En retenant ce dernier montant, le tarif se révèle deux fois moins cher qu'une Volkswagen Passat, très prisée des chauffeurs de taxis et VTC.

Dernier point évoqué par l'entreprise: son extension à d'autres modes de transport plus "propres". Il est ainsi possible de partager une course avec Uber Pool, de louer des trottinettes et vélos électriques Jump ou encore de planifier un trajet en transport en commun en Ile-de-France. En attendant l'arrivée prochaine sur l'application intégrera des scooters électriques de Cityscoot. 

Julien Bonnet