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Les voitures sans permis à la conquête des jeunes

Les voiturettes présentent une alternative aux scooters pour certaines jeunes, même si la sécurité n'est pas toujours au rendez-vous. (Photo d'illustration)

Les voiturettes présentent une alternative aux scooters pour certaines jeunes, même si la sécurité n'est pas toujours au rendez-vous. (Photo d'illustration) - Damien Meyer - AFP

Plusieurs concessionnaires de voitures sans permis ont noté une augmentation des jeunes, parfois mineurs, parmi les acquéreurs, même si la sécurité n'est pas toujours au rendez-vous.

Le tuning a de beaux jours devant lui. En particulier pour personnaliser les "voiturettes", qui semblent regagner leurs lettres de noblesse auprès d'un public inattendu: les jeunes. Selon une étude menée par le comparateur Assurance VSP auprès de 861 personnes en mai 2017, près de 40% des conducteurs de voitures sans permis (VSP) ont moins de 32 ans, et 9% sont mineurs.

Des chiffres qui corroborent ce qu'ont constaté plusieurs concessionnaires de VSP d'Ajaccio. "Avant, elles intéressaient surtout les personnes âgées, dans le rural, ou ceux ayant perdu leur permis. Mais depuis quelques années, les adolescents sont très demandeurs", affirme ainsi à Corse-Matin Marie-Josephe Porcu, commerciale. Ils estiment la part d'adolescents parmi les acquéreurs à 90%.

Même son de cloches à Angoulême: "On touche une clientèle de plus en plus jeune", confirme une commerciale à la Charente Libre. A Toulouse, un autre concessionnaire affirme à La Dépêche que les 14-16 ans représentent 15% de ses clients.

Longtemps cantonnées à une image de pot de yaourt bruyant prisé des personnes âgées, les "voiturettes" seraient donc les nouveaux scooters? Les adolescents qui font le choix de la VSR sont en tout cas près à affronter les quelques moqueries pour conduire au chaud et à l'abri de la pluie.

Le faux argument de la sécurité

D'autant qu'en termes d'image, les constructeurs ont fait des efforts: autoradio, bluetooth, caméra de recul, design… Les options ne manquent pas pour séduire la nouvelle clientèle, même s'il semble que cela soit la sécurité qui convainque en fin de course les parents.

"Les parents se laissent convaincre par l'argument de la sécurité. En cas d'intempéries ou d'accidents, leurs enfants sont beaucoup plus protégés que sur un scooter. Il faut aussi reconnaître que les conducteurs font, en général, plus attention aux voitures qu'aux deux-roues", assure ainsi à Corse-Matin Mathéa Bruni, responsable des ventes dans une concession d'Ajaccio.

Attention toutefois: si elles restent limitées à une vitesse de 45km/h, ce qui limite le risque d'accidents, et qu'elles nécessitent le permis AM (ancien BSR), elles restent bien moins sécurisées qu'une voiture normale en cas de choc. Nombre d'entre elles n'ont pas d'airbag, ou seulement pour le passager, des ancrages de ceinture un peu faibles et des structures susceptibles de se dessouder, comme le notait Challenges en 2014.

Cette même année, l'organisme Euro NCAP, qui effectue d'ordinaire des crash tests sur les automobiles, a commencé à tester les voitures sans permis. Si les véhicules testés étaient des "quadricycles lourds", nécessitant une formation un peu plus poussée que les "quadricycles légers" (voiturettes), les résultats sont toutefois assez effrayants. Malgré un barème spécifiquement revu pour tester les VSP, l'Euro NCAP notait "des problèmes fondamentaux de sécurité".

Liv Audigane