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La Citroën 2CV du Corniaud

La dislocation de la 2CV, une scène culte du cinéma français, qu'on retrouvera dans un des films du Gendarme de Saint-Tropez. Citroën utilisera d'ailleurs ces images en 2010 pour une publicité sur la prime à la casse.

La dislocation de la 2CV, une scène culte du cinéma français, qu'on retrouvera dans un des films du Gendarme de Saint-Tropez. Citroën utilisera d'ailleurs ces images en 2010 pour une publicité sur la prime à la casse. - Le Corniaud

Avec une telle histoire, elle devait faire du cinéma. Du Gendarme de Saint-Tropez à James Bond, en passant par Le Corniaud, la Citroën 2CV a autant habité le grand écran des années 50 à 80 que le garage des Français.

"Forcément, elle va marcher beaucoup moins bien maintenant !" Cette phrase culte du cinéma français est attachée à une voiture tout aussi mythique de l’histoire automobile française: la Citroën 2CV. Quand Bourvil (Antoine Maréchal dans le film) lance sa réplique, il est encore au volant de sa Deudeuch bleue toute neuve. Mais la petite Citroën s’est entièrement disloquée autour de lui, après avoir été poussée par la Rolls-Royce de Louis de Funès (qui joue le personnage de Léopold Saroyan). C’est le début du film Le Corniaud, réalisé par 1965 par Gérard Oury. La dislocation et Louis de Funès restent deux traits marquants de la carrière cinématographique de la 2CV.

Un an avant Le Corniaud, la 2CV a déjà fait une apparition remarquée sur grand écran dans Le Gendarme de Saint-Tropez, tourné en 1964 par Jean Girault. Conduite par Sœur Clotilde (interprétée par France Rumilly), la Deuche (cette fois de couleur beige) dévale à toute vitesse les routes de l’arrière-pays provençal. Cette prestation lui vaudra de revenir dans trois des six épisodes du Gendarme, dont Le Gendarme et les gendarmettes (1982), où se joue la scène culte de la Deudeuch disloquée qui ne roule que sur son train avant. La version réduite en miette par Sœur Clotilde date d’ailleurs des années 60, bleue en tôle ondulée, comme un clin d’œil au Corniaud.

Histoire de cinéma dès les années 30

La 2CV n’avait cependant pas besoin du cinéma pour devenir célèbre, tant l’histoire de la petite Citroën est déjà en soi un film. Lancée en 1948, la 2CV date pourtant des années 30, quand Michelin, alors propriétaire de Citroën, demande au constructeur de créer une voiture populaire. La seconde guerre mondiale éclate et le modèle est tout juste achevé, des ingénieurs cachent alors quelques exemplaires sous forme de pré-série à la Ferté-Vidame (Eure-et-Loir), le centre de développement de Citroën.

L'apogée de la carrière commerciale comme cinématographique de la 2CV se situe dans les années 60 et 70. Au total, 5,1 millions de 2CV ont été vendues dans le monde.
L'apogée de la carrière commerciale comme cinématographique de la 2CV se situe dans les années 60 et 70. Au total, 5,1 millions de 2CV ont été vendues dans le monde. © Citroën

Présentée officiellement en 1948 au Salon de l’Automobile à Paris, la 2CV connait d'abord un début de carrière en douceur dans les années 50. L’arrivée de nouvelles évolutions au tout début des années 60 et le retour à la prospérité économique lui ouvrent deux décennies de succès, où elle devient une image de la France de l'époque. D’où sa présence dans de nombreux films français mais aussi étrangers, De La Bride sur le cou (1961) où elle est conduite par Brigitte Bardot aux Valseuses (1974) ou encore à Apocalypse Now (1979) ou dans Rien que pour vos yeux (1981), avec Roger Moore en James Bond. 5,1 millions de 2CV ont été produite dans le monde.

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Pauline Ducamp