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Greenpeace s'alarme de la mode des SUV, "une menace de plus pour notre climat"

En ouverture du salon de Francfort, l'ONG Greenpeace a dénoncé les émissions de CO2 trop importantes engendrées par la mode actuelle des SUV, ces gros véhicules vrais ou faux 4x4.

Alors que le salon de Francfort vient d'ouvrir ses portes avec de nombreuses nouveautés électriques, les SUV restent actuellement la grande tendance du marché. Depuis le début de l'année, ils représentent près du tiers des ventes de véhicules neufs en Europe, ce qui ne serait pas sans conséquence sur les mauvais chiffres actuels en termes d'émission de CO2.

"En finir avec ces chars d'assaut urbains"

Pour dénoncer cette mode des SUV, une vingtaine de militants de Greenpeace s'étaient réunis ce mardi matin devant les portes du salon automobile de Francfort. Vêtus de vestes vertes, ils ont gonflé à l'arrière d'un 4X4 un ballon noir géant avec l'inscription "CO2".

"L'industrie automobile n'a toujours pas compris la crise du climat. Au lieu de célébrer ici les SUV gourmands en carburants, les constructeurs doivent en finir avec ces chars d'assaut urbains et arrêter les moteurs à combustion", a déclaré à l'AFP Benjamin Stephan, militant de l'ONG.

L'industrie automobile serait à l'origine d'un dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon une étude publiée par Greenpeace. "Au total, les 12 constructeurs qui ont été passés au crible pour ce rapport sont responsables de 4,8 gigatonnes d'émissions carbone", a expliqué Greenpeace dans un communiqué diffusé mardi matin.

Les plus gros constructeurs sont logiquement les plus gros pollueurs: Volkswagen arrive en tête des émissions, devant Renault-Nissan, Toyota, General Motors et Hyundai-Kia. A eux cinq, ils représentent 55% des émissions carbone de la filière, selon Greenpeace.

Des solutions insuffisantes

"Nous demandons à cette industrie de changer radicalement, ou d'être responsable devant l'Histoire", déclare l'ONG. L'industrie automobile, sous pression des régulateurs européens, a engagé un virage vers la mobilité électrique, visible à Francfort, avec un grand nombre de nouveaux modèles électriques ou hybrides (essence-électrique). Des sommes importantes sont également investies pour améliorer la consommation des moteurs thermiques.

Mais, aux yeux de Greenpeace, "l'amélioration de l'efficacité de l'essence et des véhicules hybrides ne sont plus des solutions suffisantes à la crise climatique. Au contraire, ils retardent les changements fondamentaux nécessaires, et la progression actuelle des ventes de SUV est une menace de plus pour notre climat".

Greenpeace Allemagne avait déjà mené ce week-end une action contre un cargo transportant des SUV à Bremerhaven, "Tueur de climat à bord". "Chaque vente de SUV nous condamne à des émissions de CO2 plus élevées sur l'ensemble de sa durée de vie", regrette l'ONG dans son rapport, arguant qu'ils émettent davantage de gaz à effet de serre que les autres types de véhicules.

Julien Bonnet, avec AFP