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Fermeture des voies sur berge: difficile de mesurer les conséquences sur le trafic

Les voies sur berges rive droite, ici fermées pour une journée en 1998, ont définitivement été rendues aux piétons et cyclistes le dimanche 11 septembre 2016.

Les voies sur berges rive droite, ici fermées pour une journée en 1998, ont définitivement été rendues aux piétons et cyclistes le dimanche 11 septembre 2016. - AFP- Laurence Coustal

Huit jours après la rentrée et la fermeture des voies sur berge rive droite, difficile de dresser un premier bilan de la circulation dans Paris et en petite couronne. Pour confronter les chiffres en temps réel à ceux de l’étude d’impact de la commission indépendante, il faudra attendre au moins six mois.

L’information est toujours présente sur les écrans de trafic qui jalonnent le périphérique: "Voies sur berge fermées – Evitez le centre". Evitez le centre-ville de Paris, c’est bien le cœur du débat suite à la fermeture définitive des voies sur berge rive droite le 4 septembre, rendues aux piétons ce dimanche après quelques travaux.

Où se reportera le trafic qui empruntait jusqu’à la mi-juillet les 3,3 km des voies sur berge, entre le tunnel des Tuileries et celui de l’Arsenal? Paris et la petite couronne vont-ils être plus embouteillés? Il faudra vraisemblablement attendre au moins six mois pour tirer un premier bilan de cette fermeture. Soit pas avant mars 2017.

Au minimum plusieurs semaines d'observation

"Il est trop tôt pour mesurer les conséquences de cette fermeture", souligne-t-on à la Direction des routes d’Ile-de-France (DRIF). Même son de cloche du côté de la Préfecture de police de Paris. Le Préfet de police Michel Cadot a diligenté le 29 août une période d’essai de six mois, actant "la possible réversibilité du projet en cas de difficulté majeure de circulation durant une période de 4 à 6 mois, la suspension des autres projets de voirie pouvant impacter la circulation aux abords des berges (aménagement des zones 30, des places...), le maintien d’un accès permanent pour les services d’intervention et de secours et un suivi rigoureux des impacts de pollution et de circulation", déclarait le préfet dans Le Parisien le 29 août.

Surveillance le trafic, notamment aux heures de pointe

La mesure de l’état du trafic dans Paris intra-muros dépend des services de voirie de la Mairie. 

"Pour surveiller le trafic, nous découperons en tronçons les voies sur berge rive droite, pour une mesure très précise, en comptant le nombre de véhicules par heure, surtout aux heures de pointe matin et soir, expliquent les services de la Ville de Paris. Les principaux axes de report, comme le boulevard Saint-Germain, seront aussi examinés".

La Ville de Paris explique ne disposer que des chiffres de la circulation de la dernière semaine d’août, jugés pas assez significatifs. Impossible donc d’établir un premier bilan, ou de comparer des chiffres récents aux évaluations de l’étude d’impact et de l'enquête publique: les seuls chiffres disponibles dépendent des services de la Mairie, responsables des chaussées parisiennes.

Fronde de 40 Millions d'Automobilistes et de certains maires franciliens

Dans son scénario le plus noir, l’étude d'impact prévoyait "un impact sensible dans Paris intra-muros avec une augmentation du trafic au niveau de la Porte de Vincennes (+225 véhicules/heure, soit +24%)" ou "sur le boulevard Malesherbes (+120 véhicules/heure, soit +14%)". Face à cette hausse programmée, huit maires de la petite et de la grande couronne se sont associés à l’association 40 Millions d’Automobilistes pour demander plus de concertation avec la Mairie de Paris. Anne Hidalgo se rendra elle sur les berges de la rive droite mercredi 14 septembre, en compagnie de la ministre de l'Environnement Ségolène Royal. Le vote définitif du projet est attendu le 26 septembre au conseil de la Ville de Paris.

Pauline Ducamp