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Essai - Mazda MX-5, élixir de jouvence

Le constructeur japonais restyle (légèrement) son petit roadster qui séduit une clientèle plutôt jeune. En vedette, un nouveau moteur plus puissant de 24 chevaux, et une tenue de route irréprochable et joueuse.

"Jinba ittai". Par cette formule japonaise, Mazda traduit la philosophie de conception de son petit roadster MX-5. Elle signifie que le cavalier et le cheval ne font plus qu'un. Sur cette nouvelle version du coupé-cabriolet, il faut en effet faire corps avec 184 chevaux, pour un plaisir de conduite encore plus affirmé.

Le look du MX-5 reste le même, racé, avec une capote souple en toile ou un toit en dur sur la version RF. Les nouveautés ne se perçoivent en fait qu’à la conduite.
Le look du MX-5 reste le même, racé, avec une capote souple en toile ou un toit en dur sur la version RF. Les nouveautés ne se perçoivent en fait qu’à la conduite. © E. Lakhoua

Mais pourquoi le Mazda MX-5

Dans un segment des coupés-cabriolets sinistré, après la crise de 2008, le MX-5 fait figure d’exception. En dehors des marques allemandes, comme BMW avec le nouveau Z4 ou Audi avec son nouveau TTR-S, peu sont les constructeurs généralistes à avoir conservé ce type de petits modèles. Seul Fiat conserve le 124 Spider, cousin technique... du MX-5. "Sans ce partenariat, il nous aurait été difficile de parvenir à un produit aussi abouti", confie Philippe Geffroy, directeur de Mazda France.

Malgré les coûts élevés de développement de ce genre de modèle, la marque japonaise ne pouvait abandonner le MX-5, aussi connu sous le nom de "Miata" aux Etats-Unis. Lancé en 1988, le MX-5 en est en 2018 à sa 4e génération (baptisée 'ND', la première s'appelait 'NA'). Le défi pour la marque japonaise était de conserver l’ADN spécifique, qui en a fait un best-seller avec 1,055 million d’exemplaires vendus depuis 29 ans. Soit un petit modèle, amusant à conduire, mais accessible financièrement. Défi réussi avec cette version restylée dont nous avons pris le volant.

Depuis la place conducteur, l'impression est celle d'un long capot, alors que la voiture ne mesure même pas 4 mètres de long.
Depuis la place conducteur, l'impression est celle d'un long capot, alors que la voiture ne mesure même pas 4 mètres de long. © P. Ducamp

,Au volant

Le MX-5 s’avère une voiture étonnement simple d’accès (même en étant presque assis par terre). C’est en effet un petit jouet, avec l’impression d’un long capot depuis la place conducteur. Le coupé-cabriolet ne pèse que 1.030 kilos à vide, pour une longueur de 3,91 mètres de long (soit la taille d’une Twingo). Cette légèreté fonde la base d’un comportement de conduite très joueur. Les dirigeants d’Alpine auraient d’ailleurs beaucoup disséqué les propriétés du MX-5 (entre autres), afin de baisser drastiquement le poids de la nouvelle A110.

Mazda a aussi travaillé finement le positionnement du conducteur, un peu plus bas que sur la génération précédente, tandis que le moteur central avant avait lui aussi été abaissé et reculé, le tout dans une répartition des masses 50/50. Le constructeur japonais décrit cette formule comme "Jinba Ittai", soit la capacité pour le cavalier de faire corps avec sa monture. Assis (presque) par terre, jambes à l’horizontal, le conducteur comprend alors clairement ce qu’est le "Jinba Itai". Le MX-5 répond aux doigts et à l’œil, se place parfaitement dans les virages. Le travail entre le nouveau moteur, un peu pus coupleux, et la chaîne de traction, plus réactive, en font clairement un petit kart. Le tout avec une sonorité bien plus harmonieuse. Elle a tout d’une grande, aurait dit une pub française dans les années 90. Le fun en plus.

C’est peut-être pour cela qu’elle séduit avant tout les jeunes. Voiture achetée surtout par des conducteurs plutôt jeunes (entre 20 et 44 ans en France), le coupé-cabriolet s’est mis à la page des technologies. Il embarque désormais Apple Car Play et Android Auto, ainsi que de nouvelles aides à la conduite: avertisseurs de franchissement de ligne, caméra de recul, aide au freinage avant qui détecte obstacles et piétons. Cette aide est aussi disponible à l’arrière.

La vraie nouveauté se cache sous le capot: ce nouveau bloc 4 cylindres 2.0 de 184 chevaux.
La vraie nouveauté se cache sous le capot: ce nouveau bloc 4 cylindres 2.0 de 184 chevaux. © P. Ducamp

"LE" truc en plus: un tout nouveau moteur

Ce nouveau bloc 4 cylindres 2.0 de 184 chevaux est la principale nouveauté sur le roadster. Il n'offrait pour le moment que 160 chevaux maximum sur le moteur 2.0. Or cette version était souvent considérée paradoxalement comme moins agréable et performante que le bloc 1.5 de 132 chevaux.

Ce nouveau moteur 2.0 offre un couple de 205Nm qui, sur une voiture aussi légère, fait des merveilles de conduite, notamment car il est délivré plus bas. Mazda a particulièrement travaillé le bas régime. La propulsion laisse juste assez de jeu pour déraper à la remise des gaz, le tout avec une consommation maîtrisée, même avec une conduite folle sur la célèbre Transfagaraçan en Roumanie, considérée comme une des plus belles routes du monde.

"LE" chiffre: 7,2

C’est en litres aux 100 kilomètres la consommation de notre cabriolet sur cet essai, soit proche de la consommation annoncée par Mazda: 6,9 litres (en consommation mixte). Malgré son petit gabarit, le MX-5 souffre cependant d’un malus de 3.290 euros cette année (avec 156 grammes de CO2 par kilomètre). 

Notre version à l'essai: Mazda MX-5 2.0 Skyactiv-G 184 chevaux en boite manuelle 6 rapports et en finition Sélection, à capote souple. Tarif hors options: 31.700 euros (comptez 3.500 euros de plus pour la version RF, avec toit rétractable)

Le MX-5 dispose désormais de Car Play ou d'Android Auto sur son écran tactile.
Le MX-5 dispose désormais de Car Play ou d'Android Auto sur son écran tactile. © E. Lakhoua
Pauline Ducamp, avec Essia Lakhoua