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USA: le département d’Etat américain s’offre des fans sur Facebook pour 630.000 dollars

Selon un rapport interne, le département d'Etat s'est trompé de stratégie en achetant des fans sur le réseau social Facebook.

Selon un rapport interne, le département d'Etat s'est trompé de stratégie en achetant des fans sur le réseau social Facebook. - -

Pour faire gonfler le nombre de “J’aime” sur sa page Facebook, le département d’Etat américain a déboursé 630.000 dollars. De faux amis qui n’apporteraient pas à l’agence la renommée escomptée, selon un rapport d’inspection interne.

Aujourd’hui, on peut s’acheter des amis. Des sociétés proposent de vendre des "followers" et des "J’aime", aux particuliers comme aux entreprises. Le but? Faire grimper artificiellement sa cote de popularité et sa visibilité. Deux atouts ardemment désirés par le département d’Etat américain (l’équivalent de notre ministère des Affaires étrangères) qui n’a pas hésité à dépenser 630.000 dollars pour s’offrir de nouveaux fans.

D’après un rapport interne révélé par le Washington Examiner, le département d’Etat aurait ainsi mené deux campagnes d’achats, l’une en 2011 et l’autre en 2012, lui permettant de gagner près de 2 millions d’abonnés supplémentaires dans les pays anglophones, ainsi que 400.000 ailleurs dans le monde.

Pas suffisant pour devenir le Seigneur des réseaux

L’ampleur d’une telle dépense avait déjà de quoi faire grincer des dents les contribuables américains. Mais en plus d’être faramineuse, elle se révèle inutile selon le rapport rendu par un inspecteur du département d’Etat.

Peu actifs sur la page du réseau social, les abonnés ainsi obtenus ne seraient pas vraiment une aubaine. Après analyse, il s'avère que seuls 2% des 2,45 millions de fans contribueraient réellement. C’était prévisible: des amis, ça ne s’achète pas. Selon cette méthode en tout cas. Désormais, les publicités ciblées sont le meilleur allié des particuliers, entreprises, et ministères en mal de popularité.

Mais aujourd'hui, sur la page anglophone du département d'Etat, on ne trouve plus trace de ces 2 millions d'amis virtuels.

Souen Léger