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Un disque vinyle lu pour la première fois dans l’espace

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Jack White, le cofondateur du groupe The White Stripes, a envoyé dans l’espace une platine lisant un disque vinyle. Une performance technique réussie grâce à l’aide d’un ballon sonde... et de quelques astuces.

Lire un disque vinyle dans l’espace. Ce rêve de doux dingue vient d’être réalisé à l’occasion des sept ans du label américain Third Man Records. Derrière lui se cache tout simplement Jack White, moitié du groupe The White Stripes et fan de vinyle devant l’éternel.

Pour y parvenir, ce n’est pas une navette spatiale de la Nasa qui a été utilisée, mais un simple ballon-sonde, qui peut par exemple servir à analyser des données météorologiques. Celui-ci est ainsi parvenu à atteindre une altitude de 28 kilomètres, soit quelque part au milieu de la stratosphère.

Empêcher le soleil de faire fondre le vinyle

Malgré la simplicité apparente de la chose, le système mis en place était bien plus complexe que ce qu’on imagine. Le challenge était évidemment de réussir à faire fonctionner correctement la platine vinyle malgré les vibrations, comme cela est expliqué dans le documentaire de presque deux heures consacré à la performance.

En plus d’un procédé pour empêcher les vibrations, un système de refroidissement a également été configuré. Malgré les températures très froides à cette altitude, la lumière du soleil, non filtrée par l’atmosphère, peut en effet chauffer fortement la vitre de protection et ainsi déformer le disque dont le vinyle fond à partir de seulement 70°.

Un disque choisi avec soin

La platine a ainsi réussi à lire pendant plus de 1 h 20 le vinyle, soit pendant toute la durée de l’ascension, jusqu’à son point culminant. La chute étant plus brutale, la platine s’est alors mise en mode sécurité pour que le diamant n’abime pas le disque vinyle.

On ne pourra pas non plus accuser Jack White de mégalomanie, le disque choisi n’étant pas l’une de ses compositions, c’est le très à propos A Glorious Dawn qui a été sélectionné. Cette pièce musicale composée par John D. Boswell sample les propos de l’astronome Carl Sagan et les intègre à la musique après un traitement auto-tune.

Elle fait partie du projet Symphony of Science du musicien qui reprend ainsi les voix de plusieurs scientifiques ou vulgarisateurs, comme Richard Freynman, Neil deGrasse Tyson ou encore Stephen Hawking. Un choix de circonstance.