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Un ancien employé de Google l'accuse de fraude fiscale

Google aurait triché pour payer ses impôts en Irlande plutôt qu'en Angleterre, selon un ancien employé de la firme.

Google aurait triché pour payer ses impôts en Irlande plutôt qu'en Angleterre, selon un ancien employé de la firme. - -

Barney Jones, un ancien employé de Google, affirme détenir plus de 100.000 documents qui montreraient comment le moteur de recherche "évite" de payer des impôts en Grande-Bretagne. Une nouvelle épine dans le pied du géant américain, au centre de nombreuses critiques.

Comme de nombreuses multinationales, Google est sous le feu des critiques pour ses pratiques fiscales douteuses. Et le géant américain pourrait avoir à faire face à un nouveau problème. Barney Jones, un ancien collaborateur qui a travaillé pour la firme de 2002 à 2006, affirme détenir plus de 100.000 e-mails et documents qui montrent comment Google a évité de payer ses impôts en Grande-Bretagne.

Selon le Sunday Times (article en anglais), qui révèle l'information, Barney Jones compte bien remettre ces documents au fisc anglais. L'ancien employé aurait été choqué d'entendre Matt Brittin, l'ancien directeur de Google UK (et actuel vice-président de Google) expliquer sous-serment et devant une commission parlementaire que Google n'avait jamais signé de contrats publicitaires en Grande-Bretagne.

Des contrats signés en Irlande... mais réalisés en Angleterre ?

"Tous les contrats publicitaires ont été signés à Dublin", en Irlande, déclarait alors Matt Brittin. Une ligne de défense consistant à dire: "pas de contrat signé en Grande-Bretagne, donc pas d'impôts à payer sur le sol britannique".

Faux, répond Barney Jones, ses 100.000 documents à l'appui. Des contrats publicitaires auraient bien été signés en Angleterre. Ils auraient seulement été facturés à Dublin (où l'imposition des bénéfices est deux fois moins importante, voire nulle, explique Macgénération).

Google, interrogé par le Sunday Times, explique sobrement qu'il est "difficile de commenter des documents que nous n'avons pas vus", tout en affirmant que les documents de Barney Jones remonteraient à "une dizaine d'années, voire plus" (lien en anglais).

Google soupçonné d'évasion fiscale en France

L'évasion fiscale des multinationales, comme Amazon, Apple, ou encore Google n'est pas nouvelle. Depuis plusieurs mois, de nombreux pays dont les États-Unis, l'Angleterre ou la France ont décidé de regarder de plus près ces pratiques "d'optimisation fiscale" parfois douteuses.

Comme le rappelle Numérama, l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac avait affirmé avoir "la conviction tout à fait sincère que l'État dispose des éléments largement probants" pour démontrer "une activité domiciliée en France" de Google.

Si Google nie agir dans l'illégalité, son président, Eric Shmidt, s'est en tout cas toujours dit "très fier" d'échapper au fisc dans les pays ou Google est implanté. "Cela s'appelle le capitalisme", lançait-il en décembre dernier.


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