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Thierry Breton: "Le tracking, c'est hors de question"

Invité au micro de Jean-Jacques Bourdin ce 21 avril, le commissaire européen pour le marché intérieur a rappelé les strictes conditions dans lesquelles des applications de traçage numérique pourraient être mises en place.

Alors que le déconfinement de la France se profile à l'horizon, le gouvernement planche sur une application de traçage numérique, pour alerter les citoyens en cas de risque de contamination au Covid-19. Baptisé StopCovid, le service devrait voir le jour dans les deux à cinq semaines à venir.

Invité sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin ce 21 avril, Thierry Breton, le commissaire européen pour le marché intérieur qui supervise les projets de traçage numérique à l'échelle européenne, a tenu à rappeler le cadre dans lequel de tels services seraient mis en place par les pays de l'UE.

"Pas de géolocalisation"

"Nous avons établi des lignes directrices de tout ce que les pays européens s'engagent à faire et à ne pas faire", a ainsi rappelé Thierry Breton, en faisant référence à une série de règles votées jeudi dernier. Dans les interdictions votées à l'unanimité par les pays européens, figure en première ligne le "tracking".
"C'est-à-dire qu'on ne va pas faire de géolocalisation. Hors de question. Je le dis: hors de question", a asséné Thierry Breton. Certains pays l'ont fait, on parle notamment d'Israël et de la Corée. Je rappelle simplement que ces deux pays sont deux grandes démocraties certes, mais des pays en guerre. Et que dans des pays en guerre, on fait accepter à ses concitoyens des choses que nous n'accepterons jamais en Europe", juge le commissaire européen.

Pour rappel, la Corée du Sud est récemment passée aux bracelets électroniques pour surveiller ceux ayant bravé la quarantaine, et s'assurer qu'ils ne s'éloignaient pas de leur domicile.

Les versions européennes des applications de traçage numérique devront ainsi ne pas s'en remettre au GPS, qui donne une géolocalisation précise des détenteurs de smartphones, mais plutôt au Bluetooth, qui permet de déterminer leur géolocalisation relative.

Elles devront également, et à tout prix, fonctionner sur la base du volontariat, a souligné Thierry Breton. "Si vous avez croisé quelqu'un à moins de deux mètres, un temps suffisant, disons une dizaine de minutes, et si cette personne se trouve être contaminée, vous recevrez un SMS pour vous inviter à vous faire dépister".

Le consentement libre et éclairé lors du téléchargement d'une application à même de brasser des données personnelles figure dans les obligations du RGPD, le règlement sur la protection des données qui s'applique en Europe. Certains Etats semblent déjà louvoyer, à l'instar de l'Italie, qui étudie la piste de limiter les déplacements de ceux qui n'auraient pas téléchargé, sa propre application, Immuni. 

Thierry Breton l'assure néanmoins: les applications de traçage numérique seront quelque chose de "tout à fait neutre et totalement transparent. Les données sont stockées dans le smartphone et ne seront pas exploitées."

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech