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Terrorisme: la France bloque cinq sites web pro-jihad, une première

La page utilisée par le ministère de l'Intérieur pour bloquer les sites proposant des contenus pédopornographiques ou incitant au terrorisme.

La page utilisée par le ministère de l'Intérieur pour bloquer les sites proposant des contenus pédopornographiques ou incitant au terrorisme. - Capture d'écran

Pour la première fois, le ministère de l'Intérieur a bloqué en France des sites internet pour "apologie du terrorisme", une mesure qui permet de bloquer un site sans avoir recours à un juge. Explication.

Il n'est plus possible de se connecter à Islamic-news.info. Le site, désormais complètement hors-ligne, a été remplacé ce week-end par un message du ministère de l’Intérieur.

"Vous avez été redirigé vers ce site officiel car votre ordinateur allait se connecter à une page dont le contenu fait publiquement l’apologie d’actes de terrorisme", avertit la place Beauvau en lettres capitales rouge, comme le rapporte David Thomson, journaliste de RFI.

Une première utilisation de la loi sur le terrorisme

Depuis, le ministère de l'Intérieur a déclaré avoir bloqué cinq sites en utilisant cette méthode. L'ordre de blocage a été donné aux fournisseurs d'accès, qui ont ensuite 24 heures pour prendre "toute mesure utile destinée à faire cesser le référencement de ces adresses", selon le texte du décret.

Ce blocage du jour au lendemain est rendu possible par la loi sur le terrorisme, votée fin 2014, puisqu’elle permet de ne pas avoir à faire appel à un juge. Le blocage administratif des sites avait été critiquée par la commission consultative des droits de l'Homme qui estimait l'intervention d'un juge nécessaire pour ordonner et contrôler le retrait d'un contenu illicite et le blocage d'un site internet.

Un site de propagande anti-kurde

La page Facebook du site, elle, n’a pas été coupée. Dans un message datant du 12 mars, l’auteur se félicite d’arriver à assimiler le YPG (la branche armée du parti kurde syrien, qui combat l’Etat Islamique) à des terroristes. Le cache Google du site, comme le souligne le site Next Inpact, révèle le type d’articles qui était posté sur le site, avec des titres comme "Un bébé palestinien de 9 mois mis en prison par Israël (record du monde)" ou "Centrafrique: les mosquées sont désormais détruites ou transformées en églises".

Un dispositif similaire a été mis en place pour les sites proposant des contenus pédopornographiques.

J.S