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Reconnaissance faciale dans les lycées: un dispositif jugé "disproportionné"

La CNIL s'est opposée à une expérimentation de reconnaissance faciale dans deux lycées du Sud de la France.

La CNIL s'est opposée à une expérimentation de reconnaissance faciale dans deux lycées du Sud de la France. - AFP

La Commission nationale informatique et libertés (Cnil) a indiqué mardi qu'elle s'opposait à la mise en place d'un système de reconnaissance faciale que souhaitent expérimenter deux lycées à Nice et à Marseille.

L'expérimentation devait à l'origine débuter en janvier 2019. Elle aura finalement engrangé quelques mois de retard... et un avis contraire de la Cnil. Dans un communiqué transmis à l'AFP, confirmant des informations de Mediapart, la Commission nationale informatique et libertés s'oppose à une expérimentation d'un dispositif de reconnaissance faciale censée se dérouler dans deux lycées de Nice et Marseille. 

"Ni nécessaire, ni proportionné"

"Ce dispositif concernant des élèves, pour la plupart mineurs, dans le seul but de fluidifier et de sécuriser les accès n'apparaît ni nécessaire, ni proportionné pour atteindre ces finalités", explique le gendarme français des données personnelles.

Le lycée niçois des Eucalyptus et le lycée Ampère à Marseille attendaient le feu vert de la Cnil pour mettre en place un portique virtuel de contrôle d'accès à leurs établissements par reconnaissance faciale.

"Ce dispositif (...) devait permettre d'assister les agents en charge du contrôle d'accès aux lycées afin de prévenir les intrusions et les usurpations d'identité et de réduire la durée de ces contrôles", note la Cnil.

"En présence de moyens alternatifs moins intrusifs, tel qu'un contrôle par badge, le recours à un dispositif de reconnaissance faciale pour contrôler les accès à un lycée apparaît disproportionné", ajoute l'institution, estimant qu'un tel dispositif "ne saurait donc être légalement mis en œuvre". 

Début septembre, le président LR de la région PACA Renaud Muselier avait déjà annoncé qu'un avis contraire de la Cnil ne signifierait pas forcément la fin du projet.

"Ce n'est pas parce qu'on me dit "non" que je vais arrêter le match, ce n'est pas fini", soulignait-il à l'époque, avant de dénoncer une commission qui a "toujours un coup de retard et ne veut pas évoluer" face à l'avancée des technologies.

Elsa Trujillo avec AFP