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Pourquoi le discours anti-vaccins va prospérer sur Facebook et Instagram

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Si Facebook a annoncé un plan de lutte contre la désinformation au sujet des vaccins, ses équipes ne comptent pas pour autant faire disparaître les débats du réseau social, ou d’Instagram.

Très répandu sur les réseaux sociaux, le discours anti-vaccins a-t-il un impact sur la recrudescence de maladies comme la rougeole? Plusieurs entreprises tentent en tout cas de limiter son impact, à l’image d’Indiegogo, qui a interdit en avril le financement participatif de projets anti-vaccins. La lutte se joue également sur les réseaux sociaux, où les militants ont pour habitude de partager de nombreux contenus sur le sujet. Si Facebook a récemment annoncé de nouvelles mesures pour mieux encadrer ces discours, les effets risquent d’être limités.

Pas de censure des anti-vaccins

“Nous allons réduire la visibilité des groupes et Pages qui publient de la désinformation concernant la vaccination”, expliquait Facebook début mars dans un communiqué de presse. Afin d’identifier une fausse information, l’entreprise affirmait alors se baser sur le jugement d’organisations internationales liées à la santé, à commencer par l’OMS.

Instagram, filiale de Facebook, a également suivi cet exemple pour limiter la portée de ces informations mensongères. Mais comme le remarque CNN ce 8 mai, de nombreux contenus pouvant induire les citoyens en erreur sont encore présents. Ainsi, le média américain rapporte que des mots-clés tels que “#vaccineskill” (“#lesvaccinstuent”) remontent en bonne place lors d’une recherche liée aux vaccins.

D’après des essais effectués par BFM Tech sur la base du mot “vaccins”, la fonction de recherche d’Instagram propose en bonne place le mot-clé “#vaccineswork” (“#lesvaccinsfonctionnent”), qui cumule près de 36.000 publications. D’autres termes, pouvant cette fois être perçus comme hostiles à la vaccination, s’affichent également, à l’image du mot-clé “#vaccinesarentvegan” (“#lesvaccinsnesontpasvegan”). Suivent d’autres occurrences, comme “#novaccines” (“#pasdevaccins) ou “#vaccinesharm” (“#lesvaccinssontdangereux”).

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Les anti-vaccins bien représentés

S’affichent également des pages comme “vaccines_facts”, qui met en avant plusieurs fausses informations, à commencer par une théorie selon laquelle la non-vaccination des enfants ne pose pas de risque.

Sur Facebook, inscrire le mot “vaccins” dans la barre de recherche fait apparaître trois pages hostiles à la vaccination parmi les quatre premiers résultats. On peut y lire des publications niant l’efficacité des vaccins, ou encore faisant un lien - infondé - entre la vaccination et plusieurs maladies comme l’autisme.

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Contacté par CNN, un porte-parole d’Instagram rappelle que, comme Facebook, le réseau social souhaite limiter la portée des fausses informations. Elle rappelle toutefois que l’entreprise s’attaque à la désinformation, mais pas au mouvement anti-vaccins. Seuls les propos allant à l’encontre des conclusions d’organisations comme l’OMS sont voués à être modérés.

Si le terme “#lesvaccinscausentleVIH” n’est pas acceptable aux yeux d’Instagram, le mot-clé “#lesvaccinstuent”, qui se rapporte aux risques des vaccins, ne posera pas de problème aux yeux de la filiale de Facebook - en dépit du caractère exceptionnel des réactions graves ou mortelles après une vaccination. Même en supposant que les publications mensongères soient toutes détectées par les algorithmes de Facebook et Instagram, l’application du principe de liberté d’expression par l’entreprise californienne n’empêchera pas les utilisateurs opposés à la vaccination d’afficher leurs idées.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech