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Populaire chez les plus jeunes, l'appli Tik Tok est-elle un repère pour prédateurs sexuels? 

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Sur Tik Tok, la tendance est à l'hypersexualisation. Des dizaines d'images d'adolescentes, nombril apparent et déhanchés suggestifs, circulent. Une mine d'or pour les prédateurs sexuels.

Tik Tok, le nouveau réseau social à la mode, pas si bienveillant? En apparence, l’application de partage de vidéos appartenant au groupe chinois ByteDance semble inoffensive. Sur Tik Tok, anciennement Musical.ly, la mode est aux challenges et au "lyp-sinc" - playback. Le réseau social est utilisé par plus de 500 millions d’utilisateurs par mois et ces derniers sont souvent très jeunes. Bien en dessous de la limite d’âge fixée à 13 ans.

Selon les résultats d’une étude communiquée à BFM Tech par l’association Génération Numérique, 38,8% des 11-14 ans possèdent un compte sur la plateforme, dont 15% de garçons et 57% de filles. Preuve qu’il s’agit bien d’un phénomène générationnel, seuls 22,21% des 15-18 ans utilisent Tik Tok.

L'hypersexualisation est la norme 

Comme sur d’autres réseaux sociaux, les utilisateurs de Tik Tok prennent pour modèle des "stars", suivies par des millions d’abonnés. Des figures qui se sexualisent, surtout chez les jeunes femmes. 

A seulement 14 ans, l'Américaine Danielle Cohn est suivie par 11 millions de fans. Dans ses vidéos, l’uniforme cheveux longs, nombril apparent et faux cils, tendance sur les réseaux sociaux, est respecté. Une journaliste de BuzzFeed l’a rencontrée en septembre. Danielle Cohn raconte les disputes avec sa mère concernant ses tenues, les commentaires haineux sur son physique et évoque ceux qui l’encouragent à continuer, la qualifiant de "belle" et "sexy". 

Un "réseau de pédophiles" 

Le youtubeur Le Roi des Rats a dénoncé ces comportements dans sa vidéo "La face cachée de Tik Tok", publiée début novembre. Pendant plusieurs jours, il se fait passer pour une adolescente et reçoit alors des dizaines de messages à caractère sexuel. Selon lui, "un réseau de pédophiles" agit sur le réseau social.

"En quelques clics, on trouve des commentaires incitant les jeunes filles à faire plus de vidéos ou à communiquer un moyen de les joindre sur une autre plateforme", témoigne Le Roi des Rats auprès de BFM Tech. "Yummy" ("miam", en français), "delicious", "hot", "sexy"… Les éléments de langage sont souvent les mêmes. Bien loin de l'image que souhaite renvoyer ByteDance, qui définit Tik Tok comme un lieu pour exprimer sa créativité. Le réseau social chinois n'est pas le seul à être utilisé par des prédateurs sexuels. Dans une précédente vidéo, le Roi des Rats évoquait des comportements similaires sur YouTube.

Du harcèlement 

Les utilisateurs sont parfois la cible de harcèlement en raison de leurs différences. “Je trouve qu’il y a beaucoup de clash”, confiait il y a quelques semaines Cyril Schreiner (1,4 million d'abonnés) à BFM Tech. “Les gens qui ne sont pas dans les normes physiques sont souvent critiqués”. Interrogé par Le Parisien sur le sujet, Tik Tok conseille simplement à ses utilisateurs de mettre leur compte en privé pour éviter ce genre de comportements.

La situation est cependant jugée suffisamment préoccupante pour que les autorités françaises s'en mêlent. Sur Twitter, la police nationale rappelle que les victimes peuvent porter plainte en cas de "propositions sexuelles mal-intentionnées". Leurs auteurs encourent 2 ans de prison et 30 000 euros d'amende. 

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech