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Pinel, de Rugy, Bennahmias: des candidats pas vraiment connectés

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Lutte contre l'obsolescence programmée, régulation des acteurs du Net, dématérialisation des démarches administratives… Les propositions des trois candidats ne font pas preuve d'une grande originalité.

Considérés comme les trois "petits candidats" de la Primaire de la gauche, Sylvia Pinel, Jean-Luc Bennahmias et François de Rugy ne font pas du numérique une priorité... c'est le moins que l'on puisse dire. Leurs programmes ne disposent d'aucun volet dédié à cette thématique. Au mieux, la high-tech est citée de façon éparse. Au pire, pas du tout.

Sylvia Pinel

Sylvia Pinel
Sylvia Pinel © PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Sur le web et les réseaux sociaux, la candidate du Parti radical de gauche se montre comme dans les débats télévisés: discrète et sans accroc. Avec 24.800 followers sur Twitter, 7.340 abonnés sur sa page Facebook et 54 abonnés sur Dailymotion, c'est sûr, c'est difficile de créer le buzz. Dans son programme, le numérique se fait – lui aussi – plutôt discret. Il apparaît de façon clairsemée à quelques endroits. Ainsi, la candidate souhaite accélérer la dématérialisation des démarches administratives, créer des "armoires numériques sécurisées" pour les TPE, lutter contre les déserts médicaux par le développement de la télé-médecine et, bien sûr, accélérer la mise en œuvre d'un "réseau internet performant" sur l'ensemble du territoire. Ce n'est pas révolutionnaire, mais c'est déjà beaucoup plus que certains de ses camarades candidats à gauche. Elle épingle également les "entreprises étrangères opérant par la voie de l'économie numérique" qui arrivent à contourner les règles de la fiscalité française. C'est pourquoi elle estime qu'il faudra adapter "notre fiscalité aux mutations technologiques".

François de Rugy

François de Rugy
François de Rugy © PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Le président du Parti écologiste et député du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, dont il est vice-président, est bien suivi sur Twitter avec plus de 21.000 abonnés... mais assez peu sur Facebook avec environ 7.600 followers. Et sa page Dailymotion semble livrée à l’abandon. Le numérique n’est pas seulement inexistant de sa stratégie de communication : il brille aussi par son absence dans son programme, à l’exception de sa proposition pour lutter contre l’obsolescence programmée, sa volonté de mieux protéger socialement les indépendants et son idée de partager des aventures de start-up sur des plateformes numériques. C’est assurément l’un des moins soucieux des nouvelles technologies de tous les candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Mais l'écologiste nantais a été par le passé un partisan motivé de la loi sur le renseignement, prêt à rogner sur les libertés individuelles pour lutter contre le terrorisme.

Jean-Luc Bennahmias

Jean-Luc Bennahmias
Jean-Luc Bennahmias © BERTRAND GUAY / AFP

Peu connu du grand public, le président du Front démocrate est le seul candidat de la gauche qui aura pris le temps et le soin de répondre à nos questions "geek". Pour autant, il n'aura pas fait beaucoup d'ombre aux autres candidats sur le web. Son site de campagne – " entièrement réalisé par des bénévoles", nous dit-il – est mal agencé et fait preuve d'un design désuet. Son principal vecteur de communication est Twitter, qu'il gère lui-même et où il compte 9.760 abonnés. Sur Facebook, il se contente de répliquer ses posts Twitter. "Je ne suis pas un geek", nous confesse l'homme politique, qui a remplacé son "vieux Nokia" par un smartphone Huawei il y a un an. Son manque d'intérêt pour le numérique est confirmé par son programme où ce mot n'apparait même pas. Interrogé sur la première mesure qu’il appliquerait dans le monde high-tech, il nous répond par une plus grande régulation des acteurs économiques, notamment au niveau fiscal. Il veut également supprimer la Hadopi, une institution qui "ne sert à rien" et qui "coûte un fric fou".

Amélie Charnay et Gilbert Kallenborn