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Megaupload: Kim Dotcom obtient la diffusion en streaming de son procès

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Le créateur du site de téléchargement Megaupload a obtenu que son audience d'extradition vers les Etats-Unis, où il est recherché pour fraude, racket et blanchiment, soit diffusée sur le Net pour garantir un procès équitable.

Le fondateur de Megaupload.com, Kim Dotcom, l'a annoncé lui même sur son compte Twitter. Le juge Murray Gilbert de la Haute Cour d'Auckland en Nouvelle-Zélande a accpté que l'examen de l'appel de son extradition vers les Etats-Unis soit retransmis en streaming sur Internet, sur YouTube.

Les avocats de la partie adverse avaient fait valoir que la diffusion de ces images risquait d'influencer un éventuel jury si le fondateur de Megaupload était traduit en justice aux Etats-Unis. Mais le juge a décidé que la diffusion en streaming pouvait avoir lieu dans des conditions strictes. Le flux sera donc diffusé avec 20 minutes de retard et tout le contenu sera retiré du Net dès que l'audience sera terminée.

La diffusion des images commencera le 31 août 2016 a ajouté Kim dotcom en expliquant que le caméraman devait se conformer aux règles imposées par le juge.

L'Allemand, dont le vrai nom est Kim Schmitz, est recherché par les autorités américaines qui l'accusent d'avoir grâce au piratage réalisé des profits illégaux colossaux au travers de son emblématique plate-forme de téléchargement. A son heure de gloire, Megaupload était le 13e site Web le plus visité. Il affichait 50 millions d'utilisateurs quotidiens et disait représenter 4% du trafic du Net. L'empire de Kim Dotcom s'est effondré en janvier 2012 quand la police a débarqué dans sa luxueuse propriété d'Auckland à la demande des autorités américaines qui réclament depuis son extradition.

Fin 2015, après neuf semaines d’audiences, la justice néo-zélandaise avait finalement estimé qu'il existait des preuves "accablantes" justifiant l'extradition de Kim Dotcom et de trois anciens dirigeants de Megaupload - Finn Batato, Mathias Ortmann et Bram van der Kolk. Kim Dotcom avait alors fait appel. En cas de procès aux Etats-Unis, Kim Dotcom encourt jusqu'à 20 ans de prison.

Les éléments à charge "pointent de graves fautes en relation avec environ 175 millions de dollars de droits d'auteurs qui sont dits perdus par leurs détenteurs, avait dit le magistrat. Il est normal que ces détenteurs de droits d'auteur puissent être entendus lors d'un procès."

Un dossier de portée mondiale

"Mes avocats sont actuellement devant les juges pour défendre la diffusion de tous les débats en streaming", a déclaré Kim Dotcom dans un tweet, peu après l'ouverture de l'audience. La semaine dernière, il avait affirmé que les Etats-Unis avaient demandé à la Haute Cour de ne pas autoriser cette retransmission. "Inquiets ?", avait-il interrogé dans un tweet.

Son avocat, Ron Mansfield, a déclaré à la Cour que la diffusion en streaming se justifiait par "l'intérêt public et international sans précédent" de cette affaire. Une couverture médiatique classique, a-t-il fait valoir, risque de ne pas être en mesure d'embrasser tous les aspects d'un dossier de portée mondiale et pourrait être "déséquilibrée". Il a également observé que la retransmission en streaming d'audiences avait été expérimentée avec succès par le passé dans les tribunaux néozélandais.

Recherché pour fraude, racket et blanchiment, Kim Dotcom se défend de toute infraction, en se présentant comme un entrepreneur du Net. Son site, avait-il plaidé, faisait de son mieux pour éviter les violations de droits d'auteurs, mais ne pouvait contrôler la totalité de l'activité de ses nombreux utilisateurs. Il accuse les autorités américaines de mener contre lui une vendetta à l'instigation des studios hollywoodiens.

En grand manitou de la provocation, Kim Dotcom a annoncé en juillet qu'il relancerait son site en 2017: "Megaupload revient le 20 janvier 2017, le 5e anniversaire du raid." S’il n’est pas en prison…

Cécile BOLESSE, avec AFP