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Lutte contre les fake news: la feuille de route de Facebook pour les municipales

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Entre incitations au vote, transparence et lutte contre les fausses informations, Facebook promet avoir tiré des enseignements des plus grands scrutins de ces dernières années, pour mieux les appliquer aux élections municipales françaises.

Facebook prépare le terrain pour les municipales. Depuis ce mardi 28 janvier, la plateforme fait apparaître un court message pour rappeler à ses utilisateurs de s'inscrire sur les listes électorales, lien vers le site de l'administration à l'appui. Accusé de laxisme vis-à-vis des fake news politiques, ces fausses informations qui ont tendance à peser sur le débat démocratique, le réseau social entend saisir l'opportunité de ce scrutin pour faire amende honorable. 

À deux mois de l'échéance, Facebook restera fidèle à sa ligne: s'en remettre non seulement à des algorithmes pour détecter les fake news, mais aussi à des fact-checkers, à savoir des journalistes issus de plusieurs rédactions françaises - dont l'AFP, Libération ou 20 Minutes -, pour démêler le vrai du faux. Tous seront amenés à vérifier des informations au niveau local et au niveau national.

Faux comptes et articles viraux en ligne de mire

Les membres du réseau social sont invités à recourir à un outil dédié, accolé aux articles qui circulent sur Facebook, pour faire remonter les informations douteuses à vérifier. Le réseau ne communique néanmoins pas sur le volume d'internautes ayant pris l'habitude de participer à cet effort collectif. En parallèle, des algorithmes viennent repérer les cas de "surperformance" d'un même article et sa propension à se montrer viral, bien souvent symptomatique d'une fausse information.

"L'objectif de ce dispositif tient au fait que nous ne nous fassions pas nous-mêmes arbitres de la vérité", a reconnu Anton Battesti, le responsable des affaires publiques de Facebook France, qui admet voir en la lutte contre les fake news un véritable "jeu du chat et de la souris". 

Facebook se veut également intransigeant à l'égard des faux comptes, qui ont tendance à être associés à des opérations de désinformation en ligne. 99,9% d'entre eux sont supprimés avant même leur finalisation, indiquait l'entreprise dans l'un de ses derniers rapports de transparence. En trois trimestres de 2019, Facebook indiquait ainsi avoir supprimé près de 5,4 milliards de faux comptes, contre 2,1 milliards à la même période l'an passé.

La transparence du réseau se déclinera aussi du côté des publicités. Là encore, Facebook reste fidèle à un outil déployé depuis plusieurs mois déjà: sa bibliothèque publicitaire, qui permet à tout un chacun de déterminer qui est l'auteur d'une publicité politique ou d’intérêt général, les montants par annonceur ou encore ses messages antérieurs. De quoi mieux cerner la nature du discours qui vient apparaître dans son fil d'actualité. 

Au sujet de ses troupes, Facebook rappelle ses chiffres: si 35.000 de ses employés se consacrent à la sécurité des utilisateurs sur le réseau, 15.000 se dédient spécifiquement à la détection de contenus illégaux, violents et haineux. 500 se consacrent quant à eux spécifiquement à la lutte contre l'ingérence dans les campagnes politiques. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech