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Les réseaux sociaux, marchands de vos données privées?

Facebook, Twitter et Google + sont sommés par l'UFC-Que Choisir de rendre leurs clauses plus claires.

Facebook, Twitter et Google + sont sommés par l'UFC-Que Choisir de rendre leurs clauses plus claires. - -

L'association UFC-Que Choisir a fixé un ultimatum à Facebook, Twitter et Google+ pour qu'ils réduisent le champ de leurs droits sur les données privées de leurs abonnés. En l'absence de réaction, elle compte les attaquer en justice.

Informations personnelles, photos de vacances, hobbies... Volontairement ou non, les internautes dévoilent de grands pans de leur vie sur les réseaux sociaux. Une situation qui alarme l'UFC-Que Choisir, inquiète des conditions d'utilisation opaques de ces données.

Jeudi, l'association de défense des consommateurs a mis en demeure Facebook, Twitter et Google +, leur donnant 21 jours pour rendre conforme leur règlement au droit français, sous peine d'être poursuivis en justice.

"Notre constat fait froid dans le dos: on a une captation tentaculaire des données, dans l'opacité, et une utilisation à l'infini de ces données personnelles", dénonce Alain Bazin, président de l'UFC-Que Choisir. "Nos lettres de mises en demeure sont très épaisses et font près de cent pages, ce qui montre l'ampleur du phénomène de violation du droit français."

"Votre photo de vacances utilisée pour une pub"

L'association pointe du doigt la très grande latitude que les réseaux sociaux s'octroient dans leurs clauses de contrat, qu'elle juge d'ailleurs "illisibles". "Leurs clauses leur permettent potentiellement de récupérer des données en dehors des réseaux sociaux, sur les terminaux des utilisateurs. Ce peut être le répertoire téléphonique par exemple", explique Amal Taleb, juriste de l'association, à BFMTV.com.

Autre constat inquiétant, "les réseaux s'octroient le droit de vendre toutes ces informations à des tiers. Potentiellement, leurs clauses pourraient leur permettre de récupérer l'une de vos photos de vacances, de la vendre à une agence, qui elle, l'utiliserait pour une campagne de pub. Ils ne le font pas pour le moment... mais peuvent le faire s'ils en ont l'envie", s'étrangle la juriste.

L'UFC-Que Choisir attend donc les trois géants de pied ferme pour qu'ils éclaircissent ces textes rarement lus par les utilisateurs, et encourage les internautes à signer une pétition. "Plus nous serons nombreux à dire que nous voulons garder la main sur nos données, plus ils fléchiront sur leurs positions", espère Amal Taleb. En France, 90% des internautes sont membres d'un réseau social: Facebook compte quelque 26 millions d'utilisateurs actifs, Twitter et Google+ huit millions chacun.

Alexandra Gonzalez