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Le réseau diplomatique de l'Union européenne infiltré par des pirates informatiques

Le réseau de communication diplomatique de l'UE a fait l'objet d'une surveillance rapprochée pendant trois ans, révèle le New York Times.

Le réseau de communication diplomatique de l'UE a fait l'objet d'une surveillance rapprochée pendant trois ans, révèle le New York Times. - Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Le réseau de communication diplomatique de l'Union européenne a fait l'objet d'une surveillance rapprochée pendant près de trois ans, révèle le New York Times. L'armée chinoise est pointée du doigt.

Les conversations confidentielles des hauts responsables de l'Union européenne ont-elles été observées à la source? C'est ce que révèle le New York Times, sur la base de preuves envoyées par la société de cybersécurité Area 1. La société en question a fourni au quotidien plus de 1100 câbles diplomatiques, à savoir des textes sensibles échangés de manière chiffrée, après avoir découvert cette intrusion de grande ampleur.

Ces conversations fournissent de précieux indices sur les états d'âme et sources d'inquiétude des membres du réseau de communication diplomatique de l'Union européenne. Ainsi, les pirates auraient eu accès à des discussions d'hommes et de femmes politiques sur les décisions les plus clivantes de Donald Trump, la difficulté de traiter avec la Russie ou la Chine, ou encore le risque de voir l'Iran nourrir des ambitions nucléaires.

Trois années d'intrusion

Area 1 estime que cette surveillance rapprochée a duré au moins trois ans. En raison du mode opératoire observé, ses enquêteurs pointent du doigt l'Armée populaire de libération, soit l'armée de Chine populaire.

Dans l'un de ces câbles, les diplomates européens qualifient de "succès (au moins pour Poutine)", le sommet d'Helsinki de juillet dernier entre le président russe et son homologue américain Donald Trump. A cette occasion, les deux présidents avaient été amenés à aborder de nombreuses questions stratégiques telles que le conflit en Syrie, l'annexion de la Crimée ou encore l'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection américaine.

Un autre texte, rédigé après cette même rencontre, mentionne une conversation entre des responsables de l'Union européenne et le président chinois Xi Jinping, qui compare les manoeuvres d'"intimidation" de Donald Trump envers Pékin à un "combat de boxe où tous les coups sont permis".

Les hackers dont l'activité a été détectée ne se sont pas limités au réseau de communication diplomatique de l'UE. Les réseaux des Nations unies, du syndicat américain AFL-CIO et de plusieurs ministères des Affaires étrangères et des Finances à travers le monde ont eux aussi été infiltrés. Le 13 décembre, le ministère des Affaires étrangères français indiquait avoir fait l'objet d'un piratage d'ampleur. Les informations personnelles de 540 000 personnes, recensées dans la base Ariane, ont été dérobées.

Elsa Trujillo avec Reuters