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La Cnil se penche sur StopCovid et les fichiers de traçage du coronavirus

La Cnil va suivre de près le bon fonctionnement de StopCovid.

La Cnil va suivre de près le bon fonctionnement de StopCovid. - DENIS CHARLET / AFP

Le gendarme des données personnelles devra s'assurer de la suppression des informations recensées par StopCovid, les fichiers ContactCovid et Si-Dep, une fois l'épidémie de Covid-19 passée.

La Cnil va débuter ses contrôles pour vérifier le bon fonctionnement de StopCovid, l'application de traçage de contacts pour lutter contre l'épidémie, et des fichiers Contact Covid et Si-Dep recensant les personnes malades et leurs contacts, a-t-elle indiqué jeudi.

La campagne de contrôle qui commence en juin se poursuivra jusqu'à ce que ces outils ne soient plus en service et que les données qu'ils contiennent soient supprimées, précise la Cnil, qui va notamment enquêter dans les bureaux de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et du ministère des Solidarités et de la Santé, mais aussi via des sondages.

Des sanctions possibles

Le gendarme des libertés informatiques entend vérifier que StopCovid, disponible depuis mardi dans les magasins d'application de Google et Apple et en tête des téléchargements mercredi, et les fichiers Contact Covid et Si-Dep respectent bien "les droit d'accès et d'opposition" des citoyens, que ces derniers soient dûment informés et consentants, que la sécurité des systèmes d'information soit garantie et que les flux de données ne présentent pas de faille. En cas de manquements, la Cnil se réserve le droit d'imposer des "mesures correctrices" allant de mises en demeure à des sanctions.

Voulue par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus, StopCovid doit permettre à un utilisateur qui se découvre contaminé de prévenir automatiquement toutes les personnes qu'il a croisées à moins d'un mètre, pendant plus de 15 minutes, au cours des deux dernières semaines.

La Cnil a donné le 25 mai son feu vert au lancement de l'application, estimant qu'elle respectait les différentes dispositions législatives relatives à la protection de la vie privée. Mais l'opposition à cet outil reste forte: des experts en informatique et des juristes y voient un premier pas vers une société de la surveillance où nos faits et gestes seraient tracés en permanence par des systèmes automatiques.

Objets d'une moindre attention dans les médias et sur les réseaux sociaux, Contact Covid et Si-Dep, entrés en vigueur le 13 mai, sont utilisés pour conduire des enquêtes sanitaires, dont l'objectif est de déterminer qui a pu être contaminé par une personne testée positive. La Cnil a prévenu qu'elle serait très vigilante sur la sécurité les entourant, notamment sur "les procédures d'authentification des personnes".

E.T. avec AFP