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L'Union européenne va créer une immense base de données biométriques

Le Parlement européen a voté en faveur de la création de cette base de données biométrique le 16 avril.

Le Parlement européen a voté en faveur de la création de cette base de données biométrique le 16 avril. - PATRICK HERTZOG / AFP

Le Parlement a voté la création du CIR (Common Identity Repository), vouée à devenir l’une des bases de données biométriques les plus larges du monde. Les informations de 350 millions de citoyens européens, et non européens, y figureront.

Pour mieux lutter contre le terrorisme, le Parlement européen mise sur la création d'une très large base de données. Ce 16 avril, l'institution a donné le feu vert à la création d'un gigantesque fichier de données biométriques, voué à regrouper les informations de 350 millions de citoyens européens mais aussi extra européens, relate ZDNet

Le fichier portera le nom de CIR, pour "Common Identity Repository". Il agrégera des noms, dates de naissance, numéros de passeport mais aussi des empreintes digitales et des photographies d'identité. 

Les systèmes concernés par cette mesure sont l'espace Schengen, Eurodac (qui détermine quel Etat-membre doit gérer une demande d'asile en vertu de la convention de Dublin), le système d'information sur les visas (VIS) mais également trois nouveaux systèmes: le système européen du casier judiciaire des ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN), le système d'entrée et de sortie (EES) et le système européen d’information et d’autorisation de voyage (ETIAS).

Deux ans avant la mise en œuvre

Le fichier se destine aux autorités européennes - des gardes-frontières à la police - pour faciliter leurs recherches et recouper en une seule manipulation des documents d'identité. Le Parlement européen y voit un moyen d'améliorer la lutte contre l'immigration illégale, la criminalité et la fraude à l'identité.

Les États-membres ont deux ans à compter du 16 avril pour faire du CIR une réalité. Une fois mis en place, ce fichier s'alignera parmi les bases de données biométriques les plus fournies au monde, derrière celles des gouvernements indien et chinois. La base de données indienne, qui porte le nom d’Aadhaar, est régulièrement pointée du doigt pour les failles de sécurité qu’elle comporte, relevait notamment RFI.

Les détracteurs du CIR voient ainsi en la centralisation des données biométriques des risques de piratage d'autant plus grands que ces informations sont particulièrement sensibles, souvent immuables. L'ONG de défense de la vie privée Statewatch y décèle pour sa part un "point de non retour" d'une politique de fichage généralisé des citoyens européens.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech