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Insultes sur Twitter : quand les élèves se lâchent, les profs trinquent

Un prof insulté sur Twitter témoigne sur RMC : « Vous investissez pour eux et puis voilà la gratitude que vous en tirez. Ça donne moins envie de sourire quand on rentre en classe ».

Un prof insulté sur Twitter témoigne sur RMC : « Vous investissez pour eux et puis voilà la gratitude que vous en tirez. Ça donne moins envie de sourire quand on rentre en classe ». - -

C'est un phénomène qui prend de l'ampleur. Des enseignants s'inquiètent d'être de plus en plus souvent victimes d'insultes sur les réseaux sociaux de la part de leurs élèves. Après Facebook, c'est maintenant Twitter qui sert de défouloir. Un professeur témoigne sur RMC.

Des élèves qui insultent leurs professeurs… Jusque-là, rien de nouveau. Sauf que désormais, avec les réseaux sociaux, ces insultes restent gravées dans le marbre numérique et sortent des cours de récréations pour envahir l’espace public. Il y a un an, les lycéens se déchainaient sur Facebook. Aujourd'hui, ils le font sur Twitter, qui permet un échange de messages instantanés totalement publics. Les mots sont durs : propos injurieux, diffamatoires, voir racistes ou homophobes.

« Il parlait de moi en disant "ce fils de p…" »

Impossible de dire combien d'enseignants ont été victimes d'insultes sur Twitter, mais le phénomène prend de l’ampleur. RMC a rencontré un jeune professeur qui en a été victime de la part d’un de ses élèves : « Il parlait de moi en disant "ce fils de pute". Il écrivait aussi mon adresse personnelle », raconte-t-il sous couvert de l’anonymat. Des mots durs qui blessent : « Oui, il y a une blessure, vous investissez pour eux et puis voilà la gratitude que vous en tirez. Ça donne moins envie de sourire quand on rentre en classe ».

Les proviseurs ne réagissent pas toujours

Face à ce phénomène, l'Education Nationale ne donne pour l'instant aucune réponse claire. Les sanctions sont donc décidées, au cas par cas, selon les établissements. Catherine Roustan du syndicat enseignant SNES-FSU, regrette toutefois que les proviseurs ne réagissent pas toujours : « Ils disent que de tout temps les élèves ont insulté leurs professeurs dans les récréations. Pour eux c'est la même chose ». Sauf que sur Twitter, les messages restent et peuvent être lus par tous. Aussi virtuelle soit-elle, l’insulte numérique peut être reçue comme un coup de poing.

Philippe Gril avec Céline Martelet