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Il crée un site web pour documenter en détail son propre suicide

Juste avant son suicide, Martin Manley a mis en ligne un site web complet recueillant ses réflexions, ses troubles et son désespoir.

Juste avant son suicide, Martin Manley a mis en ligne un site web complet recueillant ses réflexions, ses troubles et son désespoir. - -

SUR LES INTERNETS - Martin Manley, journaliste américain, s'est suicidé le 15 août après avoir mis en ligne un site internet complet où il explique son acte en détail. Il y publie aussi de nombreuses réflexions générales sur la vie ou le sport.

Ce n’est pas une simple lettre de suicide que Martin Manley a laissé derrière lui. Personnalité publique, le journaliste du Kansas City Star a tenu à expliquer son geste à sa famille, mais aussi au grand public en mettant en ligne un site web complet recueillant ses réflexions, ses troubles et son désespoir. Le site Slate a tenté d’en analyser le contenu.

Pour comprendre sa démarche, Martin Manley a écrit un petit texte d’introduction qui accueillit le visiteur. On y lit: “C’est important pour moi d’avoir laissé quelque chose à propos de ma décision de me suicider car cela est rarement fait. J’imagine que ceux que je connais voudraient mieux comprendre et je pense que des gens qui étudient le suicide voudraient pouvoir étudier le mien, donc je n’ai rien laissé à l’imagination.”

Car c’est une véritable somme que Manley a mis en ligne, sur un serveur préalablement loué pour cinq ans. Son témoignage est scrupuleusement divisé en deux parties. La première, concernant le suicide en lui-même, est constituée de onze chapitres.

Elle est si démonstrative que l’auteur y raconte la scène de son suicide à l’avance: “Si tout s’est bien passé, et je suis sûr que c’est le cas, j’ai appelé les urgences à 5 heures du matin. Je leur ai dit ‘Je veux signaler un suicide à l’extrémité sud du parking du commissariat d’Overland Park à l’angle de la 123e et de Metcalf.’ Bang.” Les faits montreront que tout s’est passé comme il l’avait prévu.

Le monde, la religion, et des "trucs cools"

Dans la deuxième partie, Martin Manley expose ses réflexions sur le monde, la religion, le temps qui passe ou bien le contrôle des armes. Elle comporte plus de trente chapitres. Cela va du détail de sa relation avec ses parents à la rubrique “trucs cool”, qui nous apprend entre autres nombreuses choses que Paris est sur la même latitude que le Dakota du Nord et que l’anagramme de Martin Manley est... homme mentalement linéaire (“Mentally Linear Man”). Il explique toutes les règles du poker aussi bien ainsi que sa capacité de synesthésie.

La mise en scène de cet acte tragique, par définition privé, en sensation publique, interpelle. Mais il n’est pas sûr qu’elle aide vraiment à la compréhension, car rien ne nous explique vraiment ce qui l’a poussé en faire un auto-mémorial dramatique.

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Olivier Laffargue