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Facebook dément avoir magouillé sa sélection de sujets politiques

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Selon le réseau social, aucun sujet n'est pénalisé ou favorisé dans sa sélection de "contenus populaires". Par ailleurs, aucun contenu ne serait inséré de manière artificielle.

Non, la firme de Marc Zuckerberg ne pénalise par les contenus jugés "conservateurs" dans sa sélection de contenus populaires. Et non, elle n'y favorise pas non plus artificiellement certains sujets à des fins de communication. Facebook vient d'apporter un démenti en bonne et due forme aux révélations publiées par Gizmodo. Le site web s'est appuyé sur les propos d'anciens curateurs pour montrer comment la sélection de "contenus populaires" – une rubrique disponible aux utilisateurs anglophones depuis 2014 – était manipulée. "Nous prenons ces rapports extrêmement au sérieux, et nous n'avons trouvé aucune preuve qui pourrait confirmer ces propos anonymes", souligne Tom Stocky, vice-président Search chez Facebook et responsable de la rubrique des "contenus populaires", dans une note de blog.

Certes, cette sélection repose bien sur un tri humain. "Les sujets populaires sont d'abord extraits par un algorithme, puis vérifiés par les membres de l'équipe d'évaluation" qui vient confirmer que les contenus remontés "reflètent bien des évènements réels" et qu'il ne s'agit pas de canulars ou de doublons, explique le manager. Ces évaluateurs – ou curateurs – doivent par ailleurs appliquer une "charte rigoureuse" pour assurer "cohérence et neutralité" de la sélection proposée. "Cette charte ne permet pas la suppression de certains sujets politiques. Elle ne permet pas non plus de favoriser un point de vue ou un média par rapport à un autre", ajoute-t-il.

Des critiques de tous parts

Enfin, Facebook dément avoir utilisé la rubrique des "contenus populaires" pour faire la promotion de la campagne anti-raciste "Black Live Matters". "Nous avons vérifié cette accusation et découvert qu'elle n'était pas exacte. Nous n'insérons pas artificiellement des sujets dans la liste des contenus populaires, et n'incitons pas nos évaluateurs de le faire", souligne Tom Stocky. Toute violation de la charte pourrait d'ailleurs entraîner leur licenciement. Bref, la direction de Facebook s'en lave les mains. Et même s'il y a eu un jour une irrégularité dans la sélection des contenus populaires, ce serait de toute manière la faute aux petits évaluateurs.

Il n'est pas certain, toutefois, que ce démenti soit efficace. Depuis la parution de l'article de Gizmodo, le réseau social se prend des claques de tous les côtés. Dans un communiqué, le comité national des Républicains rappelle que les suggestions de la rubrique des "contenus populaires" sont lues par plus de 167 millions d'utilisateurs Facebook américains et qu'elles constituent donc un levier d'influence considérable. Le parti politique a lancé une pétition pour inciter Facebook à stopper sa censure des sujets conservateurs. Le réseau social est également critiqué par la gauche. Dans un tweet, le journaliste d'investigation Glenn Greenwald estime que cette révélation montre le pouvoir médiatique des géants de la Silicon Valley et met en exergue le danger que cela représente pour la démocratie.