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Facebook accusé de censurer davantage les gens de couleur

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Près de 80 associations de défense des droits reprochent à Facebook des suppressions de messages motivées par des raisons raciales et non par les règles de la communauté.

Avec près de 1,8 milliard d’utilisateurs, et conformément à ses règles d’utilisation, Facebook doit constamment prendre des décisions sur ce qu’il permet sur ses pages ou non. Mais 80 groupes de défense des droits, dont l’American Civil Liberties Union, ont envoyé une lettre ouverte [document PDF] au site l’accusant d’un manque de transparence et de "censure raciale biaisée".

Dans ce courrier, les associations dénoncent une censure disproportionnée des messages postés par des gens de couleur, en particulier lorsqu’ils parlent de politique ou qu’ils critiquent les forces de l’ordre. Parmi les plus censurés, le courrier évoque les noirs, les Palestiniens et les Indiens d’Amérique.

Le harcèlement des activistes, lui, continue

Ces défenseurs des droits reprochent aussi à Facebook de n’avoir pas réussi, avec son recours à des sociétés tierces, à protéger des activistes -dont les posts avaient été censurés- du harcèlement et d’un déferlement de menaces provenant de groupes de suprémacistes blancs.

Facebook a en effet délégué à des sociétés externes la décision de retirer ou non des posts signalés comme haineux. Selon un article publié par la NPR, National Public Radio, principal réseau de radio non commercial et de service public aux Etats-Unis, les employés de ces sociétés n’ont parfois que 10 secondes pour décider du sort d’un message Facebook.

Malgré de nombreuses requêtes, les groupes de défense estiment donc ne pas avoir été entendus par Facebook. Ils demandent en particulier à ce que la possibilité de contester un retrait s’applique aussi à la censure d’un post, d’une photo ou d’une vidéo et non plus seulement au retrait d’un profil ou d’une page. Ils réclament également plus de transparence de la part de la compagnie sur les retraits de contenus et un audit externe sur la manière dont le réseau social respecte les droits de l’homme dans ses procédures de censure.

En Europe aussi, des associations se sont plaintes du manque de vigilance du réseau social concernant les contenus haineux. Des associations françaises ont même réalisé l'an dernier un testing pour voir combien de messages racistes, homophobes ou négationnistes étaient retirés des différents réseaux sociaux, et le résultat était affligeant.

Quelques jours plus tard, les géants du Web, dont Facebook, s'engageaient devant la Commission européenne à lutter contre les propos haineux distillés sur leurs services en ligne en Europe.

Un porte-parole de Facebook a indiqué que la lettre des associations de défense des droits avait bien été reçue et qu’elle serait étudiée attentivement.