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Etre payé pour manifester à la place d'un autre: l'étonnant service d'une start-up française

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- - Boris HORVAT / AFP

Le site Wistand permet à n’importe qui de se faire représenter dans les cortèges. Comme Uber, le service fait appel à des indépendants.

A première vue, cela peut ressembler à une farce. Mais l’entreprise Wistand, dont le service a été lancé début avril, est bien réelle. Fondé par Grégoire Laugier, formé à la biologie marine et agriculteur bio, le site propose à ses clients de rémunérer un tiers pour manifester à sa place. “L’idée de Wistand m’est venue il y a un an et demi. Lorsqu’on vit à la campagne, que l’on est éloigné des centres de contestation ou que l’on a un problème physique, on est victime d’une inégalité face au droit constitutionnel de manifester” explique-t-il à BFM Tech.

15 euros de l’heure

Sur Wistand, l’utilisateur peut choisir sa cause ou en ajouter une. “Tout le monde est libre de créer une cause. Elle est ensuite passée en revue afin de vérifier qu’elle respecte la loi”, détaille Grégoire Laugier, qui promet un filtrage apolitique. Pour l’heure, quatre événements parisiens sont répertoriés: le cortège climatique et social (1er mai), la grève nationale des fonctionnaires (9 mai), la marche mondiale contre Monsanto (18 mai) et la marche pour l’océan (8 juin).

Pour “s’offrir” un manifestant, chaque client doit verser 15 euros de l’heure. Sur ce montant, Wistand prélève une commission de 20%. L’entreprise a ainsi publié une annonce sur le portail 1001 Autoentrepreneurs, comme l'a remarqué le site "Mais où va le Web". “L’idée est de trouver des étudiants, mais également d’autres citoyens qui sont dans des conditions précaires, par exemple ceux que l’on voit recharger nos trottinettes électriques”, précise Grégoire Laugier.

Par ailleurs, l’utilisateur peut demander au manifestant de porter un T-shirt avec le message de son choix, moyennant quelques euros supplémentaires. Une fois la manifestation débutée, le manifestant rémunéré est géolocalisé toutes les trente secondes, afin que le client puisse vérifier sa bonne implication.

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Il est également possible d’effectuer des dons, utilisés dans leur intégralité pour envoyer davantage de messagers ou pour mieux équiper ces derniers. Toutefois, “chaque messager représente au minimum une personne réelle”, assure Wistand. Sur le papier, il n’est donc pas question de gonfler les chiffres des manifestations.

Pour l’heure, le marché français est vu comme un test, avant un éventuel lancement aux Etats-Unis. “En France, j’ai bien conscience que cela peut créer la polémique. Les Américains ont une culture plus adaptée à ce genre de services” prévient Grégoire Laugier, qui affirme avoir déjà levé 50.000 euros pour développer l’entreprise.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech