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Élections en RDC: le gouvernement coupe l'accès à internet

Dépouillement des votes le 30 décembre

Dépouillement des votes le 30 décembre - Caroline Thirion / AFP

La coupure d'internet requise par le gouvernement serait liée à la diffusion sur les réseaux sociaux des résultats du vote qui donneraient le candidat d'opposition gagnant.

L'accès à internet et aux réseaux sociaux a été coupé "sur instruction du gouvernement" en République démocratique du Congo ce lundi. Cet arrêt intervient au lendemain des élections générales, indiquent des opérateurs à l'AFP. L'équipe de campagne du candidat d'opposition, Martin Fayulu, a accusé les autorités de couper internet pour éviter la diffusion d'une "vague" de procès-verbaux "qui confirment la victoire écrasante" du candidat.

"Cher client, sur instruction du gouvernement, nos services Internet sont suspendus pendant une période indéterminée", a indiqué le fournisseur d'accès Global dans un SMS reçu par l'AFP.

Empêcher la remontée des votes?

"C'est le gouvernement qui a coupé", abonde un représentant de l'opérateur de téléphonie mobile Vodacom, qui s'étonnait de problèmes d'accès à internet à Kinshasa. Olivier Kamitatu, soutien du candidat d'opposition Martin Fayulu, affirme que la coupure serait liée à la diffusion sur les réseaux sociaux des résultats des bureaux de vote confirmant la victoire de Fayalu.

Ce lundi, les dépouillements étaient toujours en cours. Outre internet, l'accès au réseau Whatsapp était également impossible dans le sud du pays, à Lubumbashi, sur Vodacom. Vodacom et Airtel sont les principaux réseaux de téléphonie mobile en RDC avec le Français Orange.

"Je suis désolé d'apprendre juste avant d'entrer dans la salle que l'on a coupé l'Internet", a déclaré Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco).

La Cenco a conduit une mission d'observation électorale. Dans son communiqué initial, l'abbé Donatien Nshole félicitait "le gouvernement d'avoir assuré le bon fonctionnement d'internet et des SMS" dimanche lors de la journée de vote. Les échanges de SMS fonctionnaient encore lundi matin dans la capitale, à Kinshasa. 

Pauline Dumonteil avec AFP