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Des influenceurs Instagram se font piéger pour promouvoir une boisson mortelle

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Dans une émission de la BBC, trois personnalités britanniques ont accepté de participer à une campagne promotionnelle pour une nouvelle boisson à base de cyanure d'hydrogène. Un composé chimique hautement toxique.

Au Royaume-Uni, Lauren Goodger (760.000 abonnés), Mike Hassini (290.000 abonnés) et Zara Holland (290.000 abonnés) sont connus pour leur participation à plusieurs émissions de télé-réalité. Ils sont ainsi devenus influenceurs sur Instagram, gagnant leur vie grâce à la publication de vidéos sponsorisées. Afin de pointer les dérives de ce système, la BBC a envoyé un faux commercial - en caméra cachée - pour leur proposer un partenariat. Ce dernier concernait le lancement d’une mystérieuse boisson au nom plutôt inquiétant: Cyanora. Un projet évidemment inventé de toutes pièces.

Une boisson au cyanure d'hydrogène

Sur la description du produit imaginaire figurait clairement l’un de ses principaux ingrédients: le cyanure d'hydrogène. Un composé toxique, potentiellement mortel, utilisé dans les chambres à gaz par les nazis. Sans prendre conscience du piège, les trois personnalités ont accepté de faire la promotion de Cyanora, sans goûter la boisson.

Lauren Goodger et son agent, filmées en caméra cachée
Lauren Goodger et son agent, filmées en caméra cachée © BBC Three

Une fois l’enquête publiée, Zara Holland s’est défendue en expliquant qu’elle ne tromperait jamais ses abonnés “de manière délibérée”. “Notre cliente ne ferait jamais la promotion de produits qui contiendrait des ingrédient suspects ou dangereux” a pour sa part déclaré l’ancien agent de Lauren Goodger. 

Cette dernière a récemment été visée par l’Advertising Standards Authority, organisme de réglementation britannique de la publicité, pour avoir trompé ses abonnés en faisant la promotion d’aliments minceur.

En France, “toute publicité, sous quelque forme que ce soit, accessible par un service de communication au public en ligne, doit pouvoir être clairement identifiée comme telle”, rappelle la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004. Par ailleurs, elle doit “rendre clairement identifiable la personne physique ou morale pour le compte de laquelle elle est réalisée” précise la loi n° 2008-776 du 4 août 2008. 

Le fait, pour un influenceur Instagram ou un youtubeur, de ne pas préciser qu’une vidéo, une story ou toute publication est une publicité et de ne pas mentionner clairement le nom de la marque en question peut ainsi être assimilé à une pratique commerciale trompeuse.

Selon l’Observatoire du marketing d’influence publié par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité en mai 2019, l’utilisation de certains termes comme “#Ad” (pour “Advertising”) “n’est pas suffisamment explicite pour permettre d’identifier un partenariat avec une marque”, au même titre qu’un simple remerciement envers une marque.

En France aussi, les dérives de certains influenceurs sont régulièrement dénoncées. En novembre 2018, Emma Cakecup (1,8 million d’abonnés) et Oltean Vlad (1,5 million d’abonnés) étaient accusés de pratiques commerciales trompeuses alors qu’ils faisaient la promotion de produits commercialisés par des plateformes frauduleuses, à des prix artificiellement remisés.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech