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Comment Twitter détecte les tremblements de terre

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Le réseau social est devenu un moyen rapide et fiable de lancer des alertes sismiques. Il surpasse même les capteurs les plus sophistiqués.

En 2014, le tremblement de terre qui a secoué la vallée de la Napa en Californie a été détecté en moins de 29 secondes. Une performance que l’on ne doit pas à des capteurs mais à … Twitter. Le réseau social est en effet devenu un moyen incontournable d’identifier des secousses et de sonner l'alerte. C'est ce que la société rapporte dans un long post publié sur son blog.

Après le séisme qui a frappé la province chinoise du Sichuan en 2008, des internautes ont commencé à utiliser Twitter pour partager des informations lors de ce type de catastrophe. Or le réseau social compte désormais plus de 200 millions d’utilisateurs actifs. Une taille critique largement suffisante pour que ces données soient exploitées de façon fiable.

Le sismologue Paul Earle et la développeuse Michelle Guy ont alors eu l’idée d’utiliser l’API publique de Twitter pour exploiter toute ces données. Ils ont constaté que lorsqu’une secousse est ressentie, nombre d’habitants se précipitent spontanément pour tweeter "Tremblement de terre" dans l’attente d’une confirmation. Ce même message tweeté en série quatorze fois simultanément suffit pour enclencher une alerte.

Mais il a tout de même fallu filtrer le flux engrangé avant de pouvoir exploiter ces données. A force d’observation, les deux collaborateurs ont ainsi décidé d’écarter les messages de plus de sept mots et ceux qui partageaient un lien Car ils n’apportaient pas d’informations de première main la plupart du temps.

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Au final, Twitter permet de détecter des tremblements de terre de façon plus rapide et plus fiable que les capteurs de l’USGS, l’organisation américaine chargée de suivre les séismes. Cette dernière dispose de 2000 capteurs, la plupart disséminés sur le sol américain. Outre le fait que la majeure partie du globe échappe à cette surveillance, ces capteurs détectent environ 70 secousses par jour. C’est beaucoup, alors qu’une poignée d’entre elles seulement est ressentie par les hommes parce que le séisme se produit dans les océans, loin des zones peuplées ou trop profondément sous terre. D’où un nombre important de fausses alertes.

Au départ sceptique, l’USGS a dû reconnaître que Twitter représentait un outil de détection rapide et fiable des tremblements de terre. Et il l’utilise désormais en complément de son matériel. Il surveille aussi le vocabulaire employé dans chaque langue car il donne des indications sur l’intensité des phénomènes. En espagnol, « terremoto » indique ainsi un tremblement de terre plus puissant que « temblor ». Ce qui a permis de minimiser un épisode survenu au Chili cette année.

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- © Twitter

Un nouveau défi se pose maintenant à Twitter et aux équipes de l’USGC : transformer la base de données du réseau social en algorithmes sismiques capables de déclencher des alertes encore plus rapidement.

Amélie Charnay