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Ce compte Twitter repère les députés dont la page Wikipedia a été modifiée depuis l'Assemblée nationale

Le compte Twitter "L'Assemblée sur Wikipédia"

Le compte Twitter "L'Assemblée sur Wikipédia" - -

Un chercheur a créé un logiciel capable de détecter des modifications de pages Wikipédia effectuées depuis l'Assemblée nationale. En seulement quatre jours d'existence, le compte Twitter dédié est déjà suivi par plus de 20.000 abonnés.

La vaste enquête de Mediapart sur la députée LREM Laetitia Avia a révélé, entre autres, comment elle avait tenté de réécrire sa page Wikipédia pour soigner sa “e-réputation” et supprimer certains faits embarrassants. Trois jours après, le compte Twitter "Wiki_Assemblée" a publié son premier tweet à propos d’une modification sur la page Wikipédia du député Didier Quentin. 

“Suite aux récentes révélations de vandalisme sur Wikipédia par des politiques français, j'ai conçu ce bot pour tweeter toutes les suppressions anonymes de contenu depuis les IPs [les adresses numériques, ndlr] de l'Assemblée nationale”, justifie le créateur du compte sur Twitter. 
“La pratique s'avère courante chez les députés. J'ai détecté des dizaines d'actes de vandalisme sur Wikipédia par des IPs de l’Assemblée nationale. Cette censure porte parfois sur des affaires judiciaires, fraude fiscale, corruption et votes de lois. En plus de détruire le travail exceptionnel des bénévoles de Wikipedia, ces modifications anonymes essayent d'effacer des scandales qui devraient être de notoriété publique. Ce compte a pour objectif d'exposer ces abus”.

Seules des données publiques sont utilisées 

Pour ce faire, le créateur de ce compte, qui s’est présenté auprès de Numerama comme un chercheur en intelligence artificielle, a créé un bot. Un robot informatique qui surveille en permanence les modifications sur des pages Wikipédia de députés, émanant de l’Assemblée nationale. 

Pour les repérer, le chercheur assure n’utiliser que des données publiques. Les adresses IP proviennent du registre européen Ripe et les pages sont analysées avec Wikiscan.

Cela ne signifie pas pour autant que ce sont les députés ou leur équipe qui sont à l'origine de ces modifications. Seulement qu'elles ont été effectuées depuis l'Assemblée nationale. 

Les modifications dénichées par le bot sont ensuite publiées sur Twitter. Deux anciennes modifications sont aussi révélées chaque jour, précise l’auteur à nos confrères de Konbini Techno. En seulement quatre jours, "Wiki_Assemblée" a passé la barre des 20.000 abonnés.

Un chiffre qui devrait encore augmenter puisque le chercheur va rajouter les adresses IP du Sénat, de l’Elysée et de plusieurs ministères cette semaine, a-t-il révélé à Konbini Techno. Il a également indiqué à Numerama plancher sur une fonction qui détecterait automatiquement les suppressions contenant des mots-clés comme "affaires", "enquêtes" ou "procès". En tout, il assure avoir découvert “plus de 50 suppressions graves sur les cinq dernières années". 

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech