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Berlusconi, Ban Ki-moon, l'UE: la liste des cibles de la NSA s'allonge

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- - EFF (Creative Commons)

Wikileaks publie une nouvelle série de documents secrets, avec à la clé des numéros de téléphone surveillés et des interceptions de conversations.

Wikileaks a publié de nouveaux documents relatifs à la surveillance de la NSA. La plate-forme révèle une liste de treize numéros de téléphone surveillés. Parmi eux, des responsables politiques des Nations unies, de l'Union européenne et de l'Italie. Le site publie également cinq interceptions secrètes de chefs politiques, dont Angela Merkel, Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy ou Ban Ki-moon.

Selon ces documents, l'agence de renseignement a ainsi espionné des rencontres entre la chancelière allemande Angela Merkel, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et d'autres leaders européens. Selon la note NSA sur cet entretien, Ban Ki-Moon a dit à Merkel que l'opinion publique mondiale voulait voir l'Europe continuer à jouer un rôle moteur dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il a également loué les efforts personnels de Merkel sur la question climatique ainsi que son travail de persuasion auprès de ses collègues européens.

La NSA a également écouté d'autres entretiens de la chancelière, par exemple avec l'ancien président français Nicolas Sarkozy ou l'ancien président du conseil italien Silvio Berlusconi. Une rencontre entre les trois responsables datant de 2011 est notamment évoquée en détail. Selon Wikileaks, Mme Merkel et M. Sarkozy auraient à cette occasion "fait pression" sur M. Berlusconi pour qu'il réduise l'endettement de l'Etat italien et renforce le secteur bancaire. La rencontre avait été "tendue" et "inamicale", selon le conseiller aux affaires étrangères Valentino Valentini.

Wikileaks évoque aussi une conversation de 2010 entre M. Berlusconi et son homologue israélien Benjamin Netanyahu. Le chef du gouvernement italien lui promet de jouer de son influence pour tenter de rétablir une relation de bonne qualité entre Israël et les Etats-Unis tandis que M. Netanyahu évoque le fait que la construction de 1.600 maisons à Jérusalem-Est, à Ramat Shlomo où vivent des colons ultra-orthodoxes, était programmée depuis des décennies.

Peu d'impact

En juin 2015, Wikileaks avait publié une série de documents révélant l'espionnage par la NSA de responsables politiques et économiques français. Mais l'affaire n'a finalement eu qu'un faible impact. Un conseil de défense avait été tenu par François Hollande, l'ambassadrice américaine avait été convoquée par Laurent Fabius, et puis plus rien. L'espionnage entre amis, on n'en parle pas.

La rédaction, avec AFP