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ADN synthétique, vidéosurveillance…les nouvelles technologies pour identifier les casseurs

Les forces de l'ordre se penchent sur différents outils innovants pour repérer les fauteurs de troubles lors de manifestations qui dégénèrent. Certains sont déjà utilisés et d'autres sont à l'étude.

Avec la multiplication des incidents en marge du mouvement des gilets jaunes, détecter et identifier les fauteurs de troubles fait partie des défis des autorités. L’arsenal technologique au service du maintien de l’ordre ne cesse de s’étoffer. Deux outils en particulier devraient se développer: l’ADN synthétique et la reconnaissance faciale

Indolore et inodore

Les casseurs ultra-mobiles habitués des affrontements savent qu'en se dispersant rapidement, ils deviennent difficiles à appréhender. Pour les identifier à rebord, de l'ADN synthétique pourrait être utilisé. Appelés aussi produits de marquage codés, ce sont des marqueurs chimiques indétectables qui permettent de retrouver à coup sûr des casseurs, même plusieurs semaines après les faits.

Il s’agit de molécules inodores et incolores mélangées aux gaz lacrymogènes ou à l’eau lancée depuis les canons à eau. Elles se déposent sur la peau et les vêtements de la personne visée et deviennent fluorescentes une fois exposées à une lampe à ultraviolet. Un élément non négligeable pour prouver qu'un individu était présent sur les lieux lors des dégradations.

De plus en plus intelligentes

Autre outil pour identifier les casseurs: les caméras de vidéosurveillance, de plus en plus intelligentes. Londres figure parmi les exemples les plus cités, où il est impossible d’échapper à l’œil des quelque 500.000 caméras disséminées dans la ville. Lors des émeutes de 2011, elles avaient permis d’arrêter 5000 personnes. 

L'analyse de ces milliers d'heures d'images implique des moyens humains considérables. Afin de simplifier le travail, les autorités devraient se tourner vers l’intelligence artificielle. Grâce aux algorithmes, la détection de personnes suspectes et des comportements anormaux pourrait se faire de manière automatique.

Le déploiement de ce type d'outils ne se fait pas sans soulever des questions d'éthique et de droit. Avec en arrière-fond toujours la même question: où placer le curseur entre la sécurité et le respect des libertés individuelles?

Anthony Morel édité par Elise Maillard