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"StopCovid": le gouvernement travaille sur une application pour "limiter la diffusion du virus"

Cédric O

Cédric O - ERIC BARADAT / AFP

Dans un entretien au Monde, le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, annonce que le gouvernement travaille sur une application pour smartphone permettant de savoir si on a été en contact prolongé avec une personne positive au Covid-19. Son téléchargement ne sera pas obligatoire.

Pour "limiter la diffusion du virus en identifiant des chaînes de transmission", le gouvernement travaille sur le développement d'une application dans le cadre du projet baptisé "StopCovid". "L’idée serait de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade testé positif afin de pouvoir se faire tester soi-même et si besoin d’être pris en charge très tôt, ou bien de se confiner", explique le secrétaire d’Etat au Numérique Cédric O dans un entretien au Monde

"L'application est installée volontairement; lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, et à une distance rapprochée, le téléphone portable de l’un enregistre les références de l’autre dans son historique. Si un cas positif se déclare, ceux qui auront été en contact avec cette personne sont prévenus de manière automatique", précise le secrétaire d’Etat. 

Bluetooth

Le gouvernement entend s'appuyer sur la technologie Bluetooth qui est "au centre d’un projet européen mené à la fois par l’Allemagne, la France et la Suisse". Cédric O promet que "l’application ne géolocalisera pas les personnes" mais retracera uniquement "l'historique des relations sociales qui ont eu lieu dans les jours précédents, sans permettre aucune consultation extérieure, ni transmettre aucune donnée". 

Selon le secrétaire d’Etat au Numérique, "la task force est au travail depuis plusieurs jours pour développer un prototype". Il dit toutefois ne pas savoir "s’il nous faudra trois ou six semaines pour le développer". Et d’ajouter: "Nous ne sommes pas certains de réussir à franchir toutes les barrières technologiques car le Bluetooth n’a pas été prévu pour mesurer des distances entre les personnes. Nous ne déciderons que plus tard de l’opportunité de déployer ou non une telle application".

Données anonymes

Face aux détracteurs de ce type d’outil, Cédric O affirme qu’"il faut se garder du fantasme d’une application liberticide":

"Notre hypothèse est celle d’un outil installé volontairement et qui pourrait être désinstallé à tout moment. Les données seraient anonymes et effacées au bout d’une période donnée. Personne n’aura accès à la liste des personnes contaminées, et il sera impossible de savoir qui a contaminé qui. Le code informatique sera public, ‘auditable’ par n’importe qui, et compatible avec d’autres pays. Nous veillons à associer étroitement la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés): la version finale de ce projet lui sera évidemment soumise", promet-il.

Et pour ceux qui n'ont pas de smartphones, le secrétaire d'Etat dit travailler "sur diverses possibilités d'aide à l'équipement, ou à des alternatives". Il précise en outre qu'"un certain nombre de paramètre sont pris en compte sur l’ergonomie pour que l’application soit simple à utiliser et accessible aux personnes en situation de handicap".

Paul Louis