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Y aura-t-il des iPhone à Noël ?

Les négociations entre le groupe américain et l'opérateur télécoms butent sur le partage des recettes générées par le combiné multimédia d'Apple.

Les désaccords semblent aujourd'hui sérieux entre Apple et son partenaire exclusif pour la France, Orange. Selon le magazine Challenges, si un accord a bien été signé entre les parties, les négociations buteraient toujours sur le montant de la commission reversée par l'opérateur au fabricant californien.

Les conditions imposées par Apple à ses partenaires exclusifs pour la commercialisation de l'iPhone seraient en effet tout à fait atypiques. « C'est la première fois qu'un constructeur exige le tiers des revenus de l'opérateur en échange de l'exclusivité d'un produit », ne craint pas d'affirmer à l'hebdomadaire Jean-Pierre Champion, président de The Phone House, distributeur de produits télécoms.

En agissant ainsi, Apple fait peu de cas des équilibres économiques de l'industrie des télécoms. « Avec les autres téléphones mobiles, nous décidons des applications qui seront utilisées et nous définissons l'offre de services. Mais avec l'iPhone, c'est Apple qui décide quels produits et quels services peuvent être installés sur l'appareil », expliquait récemment le vice-président d'AT&T, Mark Collins.

Apple craint de perdre sa commission

Avec plus de un million d'iPhone vendus en dix semaines, l'opérateur américain n'a pourtant pas à se plaindre. Car la moitié des détenteurs de l'appareil seraient de nouveaux clients, qui dépensent bien plus que la moyenne des abonnés. Au Royaume-Uni et en Allemagne, où Apple a signé avec O2 et T-Mobile, les exigences d'Apple n'avaient pas posé de problèmes.

Mais, en France, le malaise semble beaucoup plus profond, notamment en raison de la législation en vigueur, qui obligerait Orange à vendre, à côté des iPhone avec abonnement, des iPhone sans abonnement au prix fort, ce qui permettrait aux acheteurs d'activer leur ligne chez un autre opérateur, privant ainsi Apple de toute commission sur les revenus issus de son accord avec Orange. De plus, Apple ayant interdit à ses partenaires de commercialiser l'iPhone avec une subvention, ce dernier, qu'il soit avec ou sans abonnement, serait peu ou prou au même prix.

Philippe Crouzillacq - 01 net