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Voici Bitwalking, la nouvelle monnaie que vous gagnez… en marchant

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Jamais mettre un pied devant l’autre n’aura été aussi intéressant financièrement pour le commun des mortels. Bitwalking vous propose de gagner de l’argent en marchant. Cette cryptomonnaie a été créée pour l’occasion mais pourra être convertie en espèces sonnantes et trébuchantes.

Alors que les crypto-monnaies, comme le Bitcoin, sont pointées du doigt par les instances européennes au lendemain des attentats terroristes, une jeune entreprise britannique vient peut-être de trouver moyen pour ces monnaies virtuelles – habituellement « minées » (générées en résolvant des opérations mathématiques complexes) par un ordinateur – de repartir du bon pied.

Plus sérieux qu’on croit

Bitwalking prend la forme d’une application, baptisée Go !, qui s’installe sur un smartphone et va ensuite comptabiliser et vérifier le nombre de pas que vous allez effectuer dans la journée. Au cours actuel, un BW$ vaut environ 10 000 pas, soit environ 8 Km. Il ne sera pas possible d’en gagner plus de trois par jour au lancement du projet. Tout comme il sera interdit d’utiliser plusieurs comptes.

Dans un premier temps, les utilisateurs de Bitwalking pourront réaliser des achats dans un magasin en ligne grâce à ses Dollars Bitwalking. Une option de les convertir en « vrai » argent pourrait également leur être proposé.

Ce projet qu’on pourrait croire farfelu a déjà levé 10 millions de dollars auprès de fonds d’investissements, principalement japonais. Cette première mise a permis la création de la banque qui surveillera et gérera le nombre de pas effectués et la validité des transferts. Par ailleurs, Murata Manufacturing, un géant japonais de l’électronique, aurait annoncé, selon la BBC, travailler à la production d’un bracelet connecté qui pourrait remplacer le smartphone et l’application. Il intégrerait un écran pour que l’utilisateur puisse savoir combien de BW$, il a déjà gagné à la sueur de... ses pieds.

Fitness et vie privée

Selon la BBC, toujours, des fabricants de chaussures seraient près à sauter le pas et à accepter cette monnaie d’un nouveau genre. Par ailleurs, une banque britannique réputée serait en discussion avec BitWalking pour être partenaire du projet lors d’un des grands festivals musicaux de l’été prochain… C’est connu, dans les festivals, on se fait marcher sur les pieds mais marche également beaucoup. Il n’est en revanche pas dit si les pas dans la boue comptent double.

Ces partenariats ne seraient que des premiers pas. Les deux créateurs de BitWalking, à qui ont doit le Keepod, un ordinateur sur une clé USB vendu 7 dollars, souhaitent profiter de l’engouement de plus en plus fort pour les appareils wearables de suivi de l’activité physique pour attirer des utilisateurs en leur offrant un peu plus qu’un compte des calories brûlés. Leur objectif est également de tisser des partenariats avec des fabricants de matériels de sport, des services de santé, des publicitaires et même des assureurs. Autant d’acteurs qui peuvent avoir intérêt à inciter les gens à marcher, à se tenir en bonne santé ou à acheter un produit plutôt qu’un autre.

En tout cas, Nissan Bahar, un des fondateurs, indiquait clairement que les données glanées par ce suivi des pas "ne seront pas à vendre". Il précisait: "Nous explorerons peut-être la possibilité d’offrir aux publicitaires de se concentrer sur différents groupes d’utilisateurs en fonction de leur degré d’activité, mais nous ne donnerons aucune information lié aux déplacements des utilisateurs".

Argent de poche ou complément de salaire

Selon les calculs des deux fondateurs du projet, dans les pays développés un utilisateur moyen devrait gagner environ 15 BW$ par mois. En revanche, dans les pays en voie de développement, où les contraintes sont plus fortes et les distances parcourues plus longues, le BitWalking pourrait transformer des vies en apportant un complément de revenus. Avant de lancer le produit à grande échelle, le projet BitWalking sera lancé au Royaume Uni, au Japon, au Malawi et au Kenya. Voilà qui devrait remettre au goût du jour l’errance rimbaldienne…