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IPhone du tireur islamiste de San Bernardino: Bill Gates soutient le FBI

Bill Gates

Bill Gates - United States Mission Geneva

Le fondateur de Microsoft estime que le déverrouillage de l’iPhone est un cas particulier et va à l’encontre des positions des autres acteurs de la Silicon Valley.

FBI ou Apple? Choisissez votre camp. C’est ce que vient de faire Bill Gates, le fondateur de Microsoft, dans la bataille qui oppose Apple au FBI. Rappelons que Tim Cook, le PDG d’Apple, a refusé que sa société aide le FBI pour accéder aux informations contenues dans l’iPhone 5c du terroriste Syed Rizwan Farook, qui a tiré sur des personnes lors d’un rassemblement à San Bernardino, en Californie.

Dans une lettre publiée sur le site d’Apple le 16 février, le successeur de Steve Jobs insiste sur l’importance du chiffrement pour protéger les données personnelles des utilisateurs et sur le refus de créer une version spéciale du système d’exploitation iOS qui créerait un précédent et pourrait à termes aboutir à des demandes pour déverrouiller n’importe quel iPhone.

Le fondateur de Microsoft a une autre vision des choses. Dans une interview accordée au Financial Times, Bill Gates insiste sur l’aspect particulier de la demande: "Il s’agit d’un cas spécifique où le gouvernement demande d’accéder à l’information. Leur demande n’est pas générale mais concerne un cas particulier."

Gates établit une comparaison avec les compagnies de téléphones et les banques, arguant que ce n’est pas parce que le gouvernement peut obtenir des informations de ces sociétés que tout le monde y a accès. Il évoque l’image d’une banque qui a noué un ruban autour d’un disque dur et dit "Ne me faites pas couper ce ruban parce que vous me le ferez couper de nombreuses fois." Bill Gates indique cependant que l’accès à l’information par le gouvernement doit être encadré par des règles.

Les américains sont en majorité favorables au déverrouillage de l’iPhone

La position de Gates va donc à l’encontre de celle des principaux acteurs de la Silicon Valley qui soutiennent Apple, en particulier Facebook, Twitter et Google.

Selon le Wall Street Journal, le département de la justice souhaite également accéder aux données de 12 autres iPhone dans le cadre d’affaires criminelles. Que pensent les américains de cette affaire? Selon un sondage téléphonique du Pew Research Center menée sur environ 1000 individus de plus de 18 ans (avec environ un tiers de démocrates, un tiers de républicains et un tiers d’indépendants), 51% des personnes pensent qu’Apple doit déverrouiller l’iPhone contre 38% partisans de la sécurité et 11% sans opinion.

De plus, autant de républicains que de démocrates ont répondu favorablement et 75% des personnes interrogées étaient au courant de l’ordre de la cour fédérale sommant Apple d’aider le FBI. Mais si on s’intéresse uniquement aux possesseurs d’iPhone, il est intéressant de noter que l’écart se creuse avec seulement 47% pour le déverrouillage et 43% contre.