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iPhone de San Bernardino: le FBI aurait payé plus d'un million de dollars

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- - Jewel Samad AFP

L'outil utilisé pour débloquer l'iPhone d'un des terroristes de San Bernardino a coûté une somme colossale au FBI mais cela en valait la peine, a estimé le directeur de l'agence.

Les données récupérées par le FBI sur le smartphone de l’un des auteurs de l’attentat de San Bernardino n’ont apporté aucune preuve de contacts avec d’autres personnes soutenant l’Etat islamique, mais l’opération a coûté cher. La police fédérale américaine a en effet payé plus d'un million de dollars à des hackers pour débloquer cet iPhone, a indiqué James Comey, le directeur du FBI en cette fin avril 2016.

Interrogé lors d'une conférence sur la sécurité à Londres sur le montant payé par le FBI pour pénétrer dans le smartphone, le responsable a répondu: "Beaucoup".

"À coup sûr, davantage que ce que je vais gagner jusqu'à la fin de ce poste, dans sept ans et quatre mois. Mais, selon moi, ça les valait", a-t-il relevé. Le salaire de James Comey étant de 14.900 dollars par mois, la facture du déblocage par des hackers serait donc supérieure à 1,3 million de dollars. Ce serait la somme la plus importante jamais payée par le FBI pour un hack.

La création d'un marché

Apple s'est retrouvé cette année au centre d'un bras de fer avec la justice américaine, en refusant d'aider la police à contourner les mesures de sécurité pour accéder au contenu crypté de plusieurs iPhone, appartenant notamment à l'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino en Californie ou à un trafiquant de drogue à New York.

Selon J. Comey, ces poursuites ont entraîné la création d'un "marché à travers le monde" pour pirater l'iPhone 5C sous iOS 9 utilisé par le terroriste. "Quelqu'un n'appartenant pas au gouvernement nous a approché et dit 'nous pensons que nous avons trouvé une solution'. Nous l'avons testée et testée et testée, et nous l'avons achetée", a-t-il ajouté. C'est l’acquisition de cet "exploit" qui a conduit le FBI à abandonner la procédure en justice contre la firme de Cupertino.

Mais, a conclu le responsable, "un litige judiciaire n'est pas le meilleur endroit pour résoudre d'importantes questions de valeurs qui impliquent toutes sortes de choses qui nous tiennent à coeur. Nous devons trouver comment faire cohabiter vie privée et sûreté sur Internet et sur nos appareils avec la sécurité publique." Le débat est donc loin d’être clos.

Cécile BOLESSE, avec AFP