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Des chercheurs français recyclent l’or des composants de smartphones avec de l’eau à 500°

Les composants informatiques peuvent être recyclés grâce à de l'eau à 500°.

Les composants informatiques peuvent être recyclés grâce à de l'eau à 500°. - Capture d'écran

Des chercheurs du CNRS d'Orléans ont mis au point une technique permettant de récupérer l’or, l’argent, le cuivre ou le tantale contenus dans les mobiles hors d'usage grâce à de l'eau portée à très haute température. Un procédé bien plus écologique que les techniques chimiques.

Comment recycler les métaux précieux contenus dans les composants de nos ordinateurs et smartphones ? Les chercheurs du CNRS d’Orléans ont trouvé un début de réponse bien plus écologique que les techniques actuelles dégageant de nombreux gaz toxiques. Pour cela, ils utilisent tout simplement de… l’eau.

Mais pas sous n’importe quelle forme: cette eau est chauffée à 500°C et pressurisée à plus de 250 bars. Dans cet état chimique appelé "supercritique", elle devient 1.000 fois plus oxydante et corrosive que dans son état liquide. Déjà utilisée pour retraiter les déchets nucléaires, cette technique permet ici de récupérer l’or, l’argent, le cuivre ou encore le tantale ; des métaux chers et indispensables à l’industrie électronique actuelle.

Un système qui s'autoalimente en énergie

L’acidité de l’eau obtenue à cette température et à cette pression permet effectivement de détruire la résine polymère et la fibre de verre qui constituent les cartes sur lesquelles sont disposés les métaux précieux. Ne subsistent alors plus que les métaux précieux qui eux ne doivent évidemment en aucun cas être oxydés. L’autre contrainte, posée par cette eau hyper corrosive, vient de la dégradation du réacteur de 300 millilitres qui sert actuellement pour les tests. Les chercheurs vont devoir se tourner vers un nouvel alliage pour l’éviter ce problème.

Enfin, ce système utilisant "l’eau supercritique" ne dégage pas de gaz contenant de produits toxiques. Parmi eux, le méthane permettrait de pouvoir justement alimenter le réacteur en énergie. Cela permettrait ainsi d’économiser de l’argent et de compenser le coût encore élevé de la technologie. Un projet pilote est d’ailleurs en cours de mise à l’échelle industrielle.