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Pourquoi le plan social mondial de Blizzard a un goût amer en France

L'éditeur de Candy Crush se sépare de 8% de ses effectifs mondiaux.

L'éditeur de Candy Crush se sépare de 8% de ses effectifs mondiaux. - PHILIPPE HUGUEN / AFP

L’éditeur de jeu vidéo a annoncé en début de semaine qu’il allait se séparer de 8% de ses effectifs mondiaux, et la France, qui accueille le QG européen de Blizzard, est particulièrement visée par cette restructuration.

Blizzard a terminé 2018 avec les bénéfices les plus élevés de son histoire. L’éditeur de jeux vidéo s’apprête néanmoins à se séparer d’environ 800 salariés à travers le monde, soit 8% de ses effectifs. De tous ses sites – deux aux États-Unis, un en Corée du sud, un en Irlande, un autre aux Pays-Bas, en Chine, à Taïwan et en Australie, et un dernier en France- c’est celui de l’Hexagone qui sera proportionnellement le plus touché.

Il s’agit du siège européen d’Activision Blizzard, qui se situe en banlieue parisienne, à Versailles. Sur ce site où travaillent 400 personnes, 134 postes seraient concernés, selon le site spécialisé ‘Kotaku’’. Soit presque 17% du total. Pour la simple et bonne raison que que les divisions logées en France (relations publiques, assistance client, esport, marketing, etc…) sont précisément celles visées par les restructurations.

Des salariés qui avancent dans le noir

L’autre sujet d’amertume est qu’à la différence des autres sites mondiaux du groupe, où les partants ont été désignés mardi ou mercredi, les Français avancent dans le noir complet. En raison de la spécificité des lois encadrant les plans sociaux dans l’Hexagone, la direction n’a pas encore pu prévenir ceux qu’elle envisage de licencier, relève le site américain.

Cette situation, qui pourrait encore durer des mois, est particulièrement inconfortable, admet un employé de la firme. "Ça pèse lourdement sur le moral des gens d'ici. Ça craint de ne pas savoir si vous allez être viré dans quelques semaines, quelques mois", a-t-il déclaré à 'Kotaku''.

L’objectif d’Activision, qui détient Blizzard, est de pousser la filiale à sortir davantage de jeux. Le dernier qu’elle a édité date de mai 2016. Activision a ainsi décidé d’augmenter de 20% sur l’année les effectifs des équipes dédiées aux franchises à succès Call of Duty, Candy Crush, Overwatch, Warcraft, Hearthstone et Diablo.

Nina Godart