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Siri, cet ami avec qui il est gênant de parler en public

Siri, l'assistant vocal d'Apple

Siri, l'assistant vocal d'Apple - BFMTV.com

Selon une étude, il existe encore des freins importants à l’utilisation massive des assistants vocaux comme Siri ou Cortana.

Apple a Siri, Google a OK Google, Microsoft a Cortana et Amazon a Alexa. Facebook mis à part, les géants du Web tentent tous de nous faire utiliser leurs assistants vocaux. Le but étant de faciliter nos interactions avec leurs services, même lorsqu’on a les mains prises ou la flemme de se servir d’un clavier. Mais selon une étude réalisée par la firme Creative Strategies, il existe encore certains freins psychologiques à leur démocratisation. Pour l’entreprise de recherche basée dans la Silicon Valley, l’une des principales raisons de se passer de Siri et des services concurrents se résume en un mot: la honte. 

Un peu plus que des gadgets

Aux Etats-Unis, 500 personnes ont été interrogées. Parmi celles qui affirment ne jamais utiliser d’assistant vocal, 20% expliquent ne pas vouloir parler à une machine en public. Selon Carolina Milanesi de chez Creative Strategies, l’argument est d’autant plus étonnant que les utilisateurs de smartphones n’hésitent pas à échanger à voix haute avec un correspondant humain, par exemple dans les transports en commun. Par ailleurs, les assistants virtuels d’Apple et Google sont particulièrement appréciés des clients.

Parmi ceux qui ont opté pour un smartphone tournant sous Android, seuls 4% n’ont jamais utilisé la fonction OK Google. Il y a quelques jours, le PDG de l'entreprise affirmait que 20% des requêtes Google sous Android étaient faites à la voix. Les clients d’Apple sont quant à eux 98% à avoir déjà fait connaissance avec Siri. Mais le plébiscite est en partie artificiel. Pour Siri comme pour OK Google, l’usage est modéré ou rare pour les deux tiers des utilisateurs. Ces intelligences artificielles ne seraient donc que des gadgets avec lesquels on s’amuse exceptionnellement? Pas forcément, mais ils ne nous aident que dans des situations bien précises.

Pour la voiture ou la maison

Plus de la moitié des sondés parlent à leur mobile dans leur voiture - un lieu où la manipulation d’un écran tactile n’a pas forcément sa place - et 39% le font chez eux. Des habitudes qui devraient être renforcées par les lancements d’appareils comme le Echo d’Amazon ou le Home de chez Google. Il s’agit justement de boîtiers permettant de commander un taxi ou une pizza à la voix, sans avoir à bouger de son canapé.

Mais en public, l’utilisation des assistants vocaux tombe à 6%... et s’effondre à 1,3% au travail. Face à ce constat, Apple, Google et les autres vont devoir trouver la parade. Et la première d’entre elle vise à nous faire communiquer avec leurs intelligences artificielles d’une manière bien plus discrète : par écrit.

Ces dernières semaines, la stratégie s’est concrétisée par le lancement des chatbots. Il s’agit de robots destinés à répondre à l’utilisateur depuis une conversation, par exemple sous Messenger. Et à ce niveau là, c’est bien Facebook qui a tiré le premier.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech