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Il y aurait bien un lien entre les smartphones et certains cancers

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Voilà une étude qui risque de faire du bruit. Des chercheurs américains ont constaté un lien entre certaines tumeurs et l'exposition aux ondes radio.

Utiliser un smartphone augmente-t-il le risque d’avoir un cancer ? De nombreux chercheurs se sont penchés, et se penchent encore, sur la question. Si la réponse de certains scientifiques est négative d’autres assurent au contraire qu’il existe bien une relation entre cet appareil et la maladie. Parmi eux, les chercheurs en charge d’une étude menée aux Etats-Unis dans le cadre du programme national de toxicologie (National Toxicology Program, NTP).

Cette étude a été menée sur des rats qui ont été soumis à des ondes radio in utero, puis au cours de leur existence. Après leur naissance, les animaux ont été exposés à ces ondes par cycle de 10 minutes, puis non exposés durant le même laps de temps et ce neuf heures par jour et sept jours par semaine.

Deux tumeurs plus fréquentes

Après deux années de travail, les scientifiques ont constaté que les ratons ayant été exposés avaient un poids de naissance inférieur à celui de ceux du groupe témoin.

Plus important, ils ont constaté que les rats exposés développaient plus de tumeurs que ceux du groupe témoin. En particulier les mâles. Les fréquences communément émises par les smartphones avaient donc bien une "légère incidence" sur deux types de tumeurs l’une maligne et l’autre bénigne : le gliome du cerveau et le schwannome du cœur.

Mais aussi faible soit-elle, compte tenu de l’accroissement de l’usage des appareils mobiles par des personnes de tous âges, explique l’étude, cette incidence peut avoir de larges implications sur la santé publique.

Cette étude, qui a coûté 25 millions de dollars, est l’une des plus complètes et des plus importantes réalisées sur les effets des téléphones mobiles sur la santé, même si les effets observés sur les animaux ne s’appliquent pas forcément aux humains.

Et même si ces résultats ne sont pas complets, le texte finale sera publié en 2017, "je pense que cette étude va faire taire ceux qui disent qu’il n’y a aucun danger", a déclaré Ron Melnick qui a dirigé le NTP jusqu’en 2009.

A ce jour, la position officielle des autorités américaines est qu’il n’a pas été prouvé scientifiquement que les appareils mobiles pouvaient entraîner des soucis de santé. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré en 2011 que leur rayonnement pouvait être cancérigène.

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