BFM Business

Mondadori: les salariés s'opposent au rachat par Reworld

-

- - -

Les employés du numéro trois de la presse magazine française estiment qu'un rachat serait "une catastrophe".

Environ 250 salariés de Mondadori France, numéro trois de la presse magazine dans l'Hexagone (Science & Vie, Grazia, Télé Star...), se sont rassemblés ce jeudi à Paris contre le projet de cession de leur entreprise au groupe français Reworld Media, qui les inquiète de plus en plus.

Les syndicats de Mondadori France (CFDT-CGC-CGT-FO-SNJ) avaient appelé à un rassemblement dans la matinée près du ministère de la Culture, pour réclamer de nouveau l'intervention des pouvoirs publics dans ce dossier.

"Nos inquiétudes sont intactes et même de plus en plus importantes, et nous n'avons pas renoncé à faire capoter la vente", a déclaré à l'AFP Yves Corteville, délégué du syndicat SNJ-CGT.

Ce projet de cession fait l'objet de négociations exclusives depuis fin septembre, et elles pourraient aboutir prochainement, d'après les syndicats, qui veulent que les pouvoirs publics se saisissent du dossier.

Un précédent rassemblement avait eu lieu au même endroit il y a un mois, toujours à l'appel des syndicats qui craignent à la fois pour l'emploi et l'avenir de leurs titres.

700 emplois menacés

Dans un communiqué publié mardi, ils ont réaffirmé qu'une telle cession serait "une catastrophe pour les salariés de Mondadori France et aussi pour toute la presse écrite". Ils reprochant notamment à Reworld (qui possède déjà des magazines comme Auto Moto, Marie France ou Maison et Travaux) d'avoir construit son modèle sur la "confusion entre espaces publicitaires et contenus éditoriaux", les équipes rédactionnelles étant réduites à la portion congrue, au profit du recours à des sous-traitants non-journalistes. Et ils estiment que les 700 emplois de Mondadori France (plus des centaines de pigistes) seraient menacés si le projet aboutissait.

Début novembre, le patron du groupe italien Mondadori, Ernesto Mauri, avait affirmé que Reworld Media était "très déterminé" à procéder au rachat de sa filiale française et souligné que ce processus de cession avançait "bien".

Reworld a assuré de son côté que cette éventuelle acquisition visait "à développer un groupe média international majeur, détenteur de marques média qualitatives à fort potentiel, ainsi qu'à associer des compétences complémentaires (...) afin de faire face aux défis du nouvel environnement de marché".

Y.D. avec AFP