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"Leurs têtes sur des piques": malgré ses propos, Facebook ne compte pas bannir Steve Bannon

Steve Bannon, l'ancien conseiller stratégique de Donald Trump.

Steve Bannon, l'ancien conseiller stratégique de Donald Trump. - Nicholas Kamm - AFP

Lors d'une réunion, Mark Zuckerberg a estimé que l'ancien conseiller de Donald Trump n'avait pas "suffisamment" contrevenu à la politique de modération de Facebook pour que sa page soit suspendue.

Les mêmes propos auront été bannis sur Twitter. Mais sur Facebook, une très influente page de Steve Bannon fait de la résistance. L'ancien conseiller stratégique de Donald Trump a pourtant, par le biais d'une vidéo relayée sur les deux réseaux sociaux, appelé à la décapitation de deux responsables américains, quitte à mettre en valeur leurs "têtes sur des piques" devant la Maison-Blanche, en guise "d’avertissement aux bureaucrates fédéraux".

Les deux responsables américains sont en l'occurrence le directeur du FBI, Christopher Wray, et l'expert en maladies infectieuses Anthony Fauci, responsable de la gestion de l'épidémie de Covid-19 aux Etats-Unis, qui ont tous deux eu tendance à prendre le contrepied des positions de Donald Trump.

Twitter et Facebook ont supprimé le contenu en question. Mais là où Twitter est allé jusqu'à bannir définitivement le compte de War Room, le podcast de Steve Bannon, Facebook rechigne à supprimer la page du très conservateur homme médiatique. Avant d'être supprimée, la séquence est par ailleurs restée accessible sur le réseau durant une dizaine d’heures, le temps d'être vue plus de 200.000 fois.

Sept pages influentes supprimées

Dans une réunion tenue en interne, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a défendu sa politique en la matière, et le fait que la page de Steve Bannon soit vouée à rester en ligne. D'après ses propos, notamment relayés par le Guardian, Steve Bannon n'aurait "pas suffisamment" violé les règles de modération de Facebook. Le réseau social a pourtant une politique en matière de contenus haineux, qui conduit à la suppression des propos, commentaires, images ou vidéos constituant un appel à la violence.

Cette politique ne s'appliquera pas dans un futur proche à la page controversée, qui reste active. "Nous avons des règles spécifiques sur le nombre de fois où vous devez enfreindre certaines politiques avant de désactiver complètement votre compte", a ainsi déclaré Mark Zuckerberg lors de sa réunion, en précisant que Steve Bannon n'avait pas encore "franchi la ligne".

Sollicité par Reuters, le porte-parole de Facebook, Andy Stone, a néanmoins déclaré que l'entreprise prendrait de nouvelles mesures contre la page de Steve Bannon si des "violations supplémentaires" des règles en vigueur étaient constatées.

Ces derniers jours, Facebook a désactivé toute une série de pages relayant la thèse d'une élection présidentielle américaine "volée". Sept pages étaient directement reliées à Steve Bannon. Elles cumulaient à elles seules 2,45 millions d'abonnés.

E.T.