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Facebook désactive des pages assurant que la présidentielle américaine a été "volée"

Stephen Bannon (à droite) a dirigé pendant 4 ans le site d'information vedette de la droite alternative Breitbart avant de rejoindre Donald Trump.

Stephen Bannon (à droite) a dirigé pendant 4 ans le site d'information vedette de la droite alternative Breitbart avant de rejoindre Donald Trump. - Danny Moloshok - Montage BFM Business

Un réseau de pages Facebook et de groupes liés à l’ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, propageaient les thèses selon lesquelles l’élection présidentielle du 3 novembre avait été truquée. De nombreux contenus ont été désactivés.

Après Twitter et Youtube, Facebook a aussi sévi contre Steve Bannon, un ancien conseiller de Donald Trump, dont les pages promouvaient les efforts républicains pour faire croire à des fraudes massives organisées par les démocrates au cours de l'élection présidentielle américaine.

D'après l'ONG Avaaz, le géant des réseaux sociaux a retiré sept pages directement liées à Steve Bannon, qui cumulaient 2,45 millions d'abonnés et qui avaient été signalées vendredi à la plateforme par ses soins.

"Notre équipe avait identifié certaines de ces pages plus tôt cette année, qui partageaient de la désinformation sur de prétendues fraudes - ces contenus ont potentiellement atteint les 10 millions de vues rien que la semaine dernière", a indiqué un porte-parole de l'ONG de défense des droits humains.

"Nous avons retiré des foyers d'activité qui utilisaient des tactiques non-authentiques pour amplifier artificiellement leur portée", a déclaré un porte-parole de Facebook.

Les pages retirées s'appelaient notamment Conservative Values ("valeurs conservatrices") The Undefeated ("les invaincus") We Build the Wall Inc ("nous construisons le mur"), Citizens of the American Republic ("citoyens de la république américaine"), ou encore Trump at War ("Trump en guerre").

Des "fraudes électorales"

"En 2016, Steve Bannon a été maintenu à flot par l'algorithme de Facebook et a participé à définir le débat politique pour des millions d'Américains. Pendant les mois écoulés, des pages et groupes liés à lui ont promu ces idées de fraudes électorales", a commenté Fadi Quran, directeur de campagne chez Avaaz.
"Maintenant il cherche à diviser encore plus l'Amérique et à répandre le chaos dans cette période post-électorale, encore via Facebook. La plateforme a finalement agi après l'intervention d'Avaaz, mais la question est: pourquoi l'entreprise n'a-t-elle pas agi avant ?".

Le groupe californien avait largement durci, avant le scrutin, ses règles contre la désinformation et les tentatives de perturbation du processus démocratique.

Un très large groupe suspendu

Dans la foulée de l'élection, le réseau social a notamment fermé le groupe "Stop The Steal" ("Stop au vol"), qui comptait quelque 350.000 membres jeudi et énumérait une série d'évènements - surtout des manifestations dans les Etats-clés - accompagnés parfois d'allusions violentes.

Le président Donald Trump, suivi par ses partisans, alimente depuis des mois la thèse sans fondement selon laquelle le vote par correspondance facilite l'organisation de fraudes.

Il n'en démord pas depuis mardi soir, à la télévision et sur les réseaux sociaux, accusant les démocrates de lui avoir "volé" l'élection et refusant de concéder la défaite, alors que Joe Biden a été proclamé vainqueur samedi.

Le réseau social a appliqué ses règles sur les comportements abusifs, trompeurs et les spams, utilisés pour faire apparaître des contenus comme plus populaires et indépendants qu'ils ne le sont en réalité, y compris venant de la page de Steve Bannon.

E.T. avec AFP