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Les programmes télévisés français s'exportent de mieux en mieux

Baron Noir, série française qui a réussi à s'exporter

Baron Noir, série française qui a réussi à s'exporter - Canal+

Les fictions françaises commencent enfin à se vendre à l'étranger, permettant aux exportations d'atteindre des niveaux records.

Ce lundi 10 septembre s'ouvre à Biarritz le 24ème Rendez-vous des exportateurs de programmes télévisés. Les professionnels ont le sourire, car les chiffres, compilés par TVFI (organisateur des Rendez-vous) et le CNC (Centre national du cinéma), sont bons. 

Les exportations françaises, qui avaient dépassé les 300 millions d'euros en 2001-2002 avant de tomber à 200 millions en 2008-2009, dépassent à nouveau la barre des 300 millions depuis 2016. En 2017, leur montant (en incluant les apports étrangers dans les co-productions) atteint 325,5 millions d'euros, soit -3,2% par rapport au record établi en 2016. Les Etats-Unis sont devenus le second acheteur de programmes français, derrière l'Allemagne.

Même lauriers dans une étude d'Eurodata sur la diffusion des programmes français sur les chaînes étrangères. Selon cette étude, la France est depuis 2016 le troisième fournisseur de programmes audiovisuels, derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, notamment grâce à ses documentaires. 

Appétit dévorant

Explication: il y a toujours plus de diffuseurs, chaînes de télévision et désormais services de vidéo à la demande, qui ont besoin de toujours plus de programmes. Par exemple, La mante, Le chalet et Ainsi soient ils ont été vendus à Netflix, Zone blanche à Amazon, Jour polaire à Hulu, Baron noir au service Walter Presents de Channel 4, Trepalium et Missions au service Shudder de l'américain AMC. 

Les services de vidéo à la demande représentent désormais "plus de la moitié" des ventes à l'export de certains producteurs de dessins animés, relève l'étude du CNC. Ces services "permettent également de pénétrer des territoires jusqu’alors hermétiques aux programmes non-anglophones", ajoute l'étude. 

Revers de la médaille: ces services demandent en général à acheter les droits pour le monde entier, et non plus pays par pays. Face à cela, "certains distributeurs français constatent qu’il est parfois plus pertinent en matière d’exposition et d’un point de vue financier de privilégier des fenêtres de ventes locales plutôt que de vendre directement à ces plateformes mondiales", pointe l'étude.

Triplement des ventes de fiction

Autre explication: les fictions françaises, qui s'exportaient bien moins que les documentaires et les dessins animés, séduisent enfin hors de nos frontières. En 2017, les ventes de fiction ont atteint le record historique de 64 millions d'euros, soit trois fois plus que durant les années 2008-2012. 

"La qualité et l’ambition croissantes des productions françaises et l’expertise plus grande des distributeurs permettent aux fictions françaises de trouver des diffuseurs dans de nombreux territoires, au-delà des marchés traditionnels de l’Europe de l’Ouest", relève l'étude du CNC.

Mais il y a aussi une question de durée. Historiquement, les fictions françaises duraient 90 minutes, un format qui s'exporte très mal. Tant bien que mal, les producteurs français se sont progressivement mis au 52 minutes, qui s'exporte mieux, et permet aussi de caser plus de spots publicitaires... Mais, lorsque le gouvernement Sarkozy a autorisé deux coupures publicitaires dans les fictions, les producteurs français ont repris leurs mauvais habitudes, et recommencé à produire des 90 minutes.

Finalement, ce format commencent enfin à tomber en désuétude. En 2017, les 90 minutes n'ont officiellement représenté que 12% (en volume) des fictions françaises, un niveau historiquement faible. Même si, en réalité, certaines fictions (Joséphine ange gardien, Une famille formidable...) "trichent" en découpant leurs 90 minutes en deux épisodes.

Toutefois, des efforts restent encore à faire, car la grande majorité de la fiction française ne s'exporte toujours pas. En 2017, les ventes et pré-ventes de fictions à l'étranger représentent à peine 10% des montants investis, alors que le ratio est de 43% pour l'animation, ou de 16% pour le cinéma (cf. encadré). 

ventes et préventes à l'étranger (hors co-productions, en 2017, en millions d'euros)

Fiction: 77

Animation: 116

Documentaire: 43

Films: 169*

*en 2016

Sources: CNC, TVFI

devis de production (programmes aidés par le cnc, en 2017, en millions d'euros)

Fiction: 720

Animation: 269

Documentaire: 398

Films: 1034

Source: CNC

Jamal Henni à Biarritz