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Le patron de l'entreprise qui fabrique les iPhone démissionne pour briguer la présidence de Taïwan

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Le PDG de Foxconn qui assemble notamment les iPhone pour Apple quitte la présidence de son groupe pour se lancer dans la politique. Ce proche de Pékin veut devenir président de Taïwan.

Terry Gou, l'homme le plus riche de Taïwan, dirige Foxconn, le plus grand sous-traitant mondial d'appareils électroniques, depuis plus de 40 ans. 

"J'ai décidé de prendre mes distances par rapport à Hon Hai [NDLR. le nom officiel de Foxconn] et il a été décidé que les opérations du groupe seraient transmises à une équipe de neuf personnes dans un comité opérationnel", a-t-il déclaré au début d'une réunion d'actionnaires, désignant la compagnie sous son nom officiel. Et d'ajouter: "J'ai beaucoup de confiance en eux. Je crois que chaque actionnaire peut être sûr qu'ils feront mieux que moi".

Foxconn, officiellement Hon Hai Precision Industry, assemble les iPhone de l'américain Apple de même que des gadgets pour d'autres marques internationales comme le chinois Huawei. Terry Gou, dont le groupe est le plus important employeur privé de Chine avec plus d'un million de salariés, a décidé de disputer la primaire du KMT pro-Pékin en vue de l'élection présidentielle qui aura lieu en janvier 2020.

Renouer avec Pékin

Son plus grand rival au sein du KMT est Han Kuo-yu, un maire populiste qui a rassemblé ces derniers mois des foules immenses. Le vainqueur de la primaire devra affronter la présidente Tsai Ing-wen, issue du Parti progressiste démocratique (PPD), traditionnellement pro-indépendance. Depuis son élection en 2016, Pékin a entre autres coupé toute communication avec son gouvernement car Mme Tsai refuse de reconnaître que l'île appartient à une "Chine unique".

Terry Gou et Han Kuo-yu ont tous deux parlé de leur volonté de renouer avec Pékin. La Chine considère Taïwan comme une partie intégrante de son territoire. L'île est dirigée par un régime rival qui s'y était réfugié après la prise du pouvoir des communistes sur le continent en 1949, à l'issue de la guerre civile chinoise

Frédéric Bianchi avec AFP